Accor lance des tickets restauration

Un partenariat a été conclu dans ce sens avec la Fédération
des PME-PMI.
Un minimum de 30 DH par ticket : le seuil actuel d’exonération fiscale
devra être revu.
n Le projet devrait démarrer avant fin 2005.

Accor Services et la Fédération des PME-PMI (CGEM) vont coopérer pour introduire au Maroc, à une large échelle, la culture de la restauration d’entreprises, par le biais du ticket restaurant. Si l’initiative est venue du groupe Accor dans un but purement commercial, le fait de s’adosser à la Fédération des PME- PMI pour faire aboutir le projet ne peut qu’avoir des retombées positives sur le tissu économique, qui est composé majoritairement de petites et moyennes entreprises. Ces dernières sont situées la plupart du temps dans des zones où les points de restauration se limitent à quelques gargotes où le minimum sanitaire est loin d’être respecté.
Concrètement, Accor Services qui, en France, a une large expérience dans ce domaine, agréera des restaurants et émettra des tickets qu’elle vendra aux entreprises. L’espoir du président de la Fédération PME-PMI, Hammad Kassal, est que l’introduction des tickets restaurant et d’alimentation par le groupe Accor entraîne dans son sillage la création de petits projets de restauration, fixes ou mobiles, pour répondre aux besoins au sein des quartiers industriels, où l’offre est encore faible en la matière. Il compte même sur Accor Services pour former les promoteurs de ces projets avant de les agréer.

Une proposition de la CGEM sera soumise au gouvernement

En tout cas, le besoin existe. Mais pour affiner leur approche, Accor Services et la Fédération PME-PMI ont effectué, du 5 au 12 avril, une pré-enquête auprès d’un échantillon d’une centaine de PME de différents secteurs. Selon cette enquête, «les PME marocaines, quelles que soient leur taille, leur zone géographique ou leur activité, souhaitent procurer à leurs salariés des tickets restaurant, à hauteur de 30 DH (exonérés) en moyenne, pour leur permettre d’avoir une bonne alimentation à l’heure du déjeuner».
Avant d’exprimer l’idée d’installer au Maroc un tel dispositif, Accor Services avait réuni, en octobre 2003, pour une journée de travail et de réflexion, plusieurs DRH de grandes entreprises de différentes villes du Maroc, qui avaient bien balisé le terrain et mis en évidence les conditions à mettre en place pour que le dispositif du titre restaurant prenne corps.
Il est apparu ainsi que le cadre juridique relatif à la prime de panier, en vigueur actuellement, ne répond pas aux besoins des entreprises. Certaines se sont ainsi trouvées obligées, du fait de leur situation géographique ou pour d’autres raisons, d’assurer la restauration dans l’entreprise, que ce soit directement ou en la sous-traitant. Cette option est d’autant plus coûteuse que le prix d’un repas normal est largement supérieur à celui que la loi permet de défiscaliser, soit 10 DH par jour ouvrable. Les participants à la journée de réflexion ont ainsi estimé qu’un montant de 40 DH est un minimum pour permettre aux employés d’accéder à des lieux de restauration conformes à la réglementation sur l’hygiène et la sécurité alimentaire.
Selon ce panel de DRH, le ticket restaurant représente «une alternative incontournable aux modes actuels de restauration». Néanmoins, ils mettent en garde contre «la tentation de considérer le titre de restauration comme un complément ou une substitution au salaire et non comme un avantage social supplémentaire».

L’émission des tickets pourrait commencer avant la fin 2005

Reste maintenant à mettre en place le dispositif. Mais au préalable, il fallait un cadre légal pour organiser cette activité. «Pour ce faire, une proposition a été préparée par la Fédération PME-PMI. Elle sera remise dans les jours qui viennent à la commission sociale de la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc) qui la soumettra, à son tour, au gouvernement», annonce Hammad Kassal qui estime, par ailleurs, que le ticket restaurant ne doit pas être perçu par l’entreprise comme une charge supplémentaire.
Le projet de texte prévoit que les tickets restaurant offerts par l’entreprise à ses salariés affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ne seront ni soumis à l’impôt sur le revenu, ni considérés comme des suppléments de salaires soumis à la CNSS, ceci dans la limite des 20 % du salaire brut.
Le projet est donc bien parti. Selon Marc Thépot, directeur d’Accor Maroc, il pourrait même démarrer avant la fin 2005. Le DG d’Accor Maroc compte sur les entreprises françaises présentes au Maroc pour jouer les locomotives