Accidents de la circulation : 3 767 tués et 10 940 blessés graves à  fin novembre 2012

Au rythme moyen de 342 tués par mois, la barre des 4 000 décès sera sans doute franchie à  fin décembre. Les mois d’août et de septembre ont été les plus meurtriers. Le facteur humain reste la principale cause des accidents.

Le Maroc a du mal à circonscrire les accidents de la circulation. Malgré les multiples campagnes de sensibilisation, un contrôle de plus en plus appuyé et un cadre légal plus sévère, l’hécatombe continue sur les routes du Royaume. Au terme des onze mois de l’année 2012, le Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC) a recensé 61 863 accidents corporels, en baisse certes de 1,70% par rapport à la même période de 2011, mais le nombre de tués a progressé de 1,10%, à 3 767. En tout 10 939 blessés graves et 82 238 blessés légers ont été dénombrés. Avec une moyenne de 342 tués par mois, tout laisse croire qu’on se rapprochera, à fin décembre 2012, des 4 222 enregistrés sur toute l’année 2011.

Baisse du nombre de tués dans les régions de Fès-Boulemane et Souss-Massa-Drâa

En analysant de manière plus approfondie les chiffres, on remarque que le nombre des accidents et celui des tués augmente sensiblement pendant l’été. Par exemple, 5 435 accidents et 298 tués ont été constatés en janvier, et, en novembre, il y a eu 4 925 accidents et 297 tués. Le pic a été atteint au mois d’août avec 6 308 accidents et 444 tués. En septembre, deuxième mois le plus meurtrier, 5 992 accidents et 420 tués ont été répertoriés. Durant ces deux mois de vacances, particulièrement en août, la hausse des sinistres est expliquée par la forte fréquentation du réseau routier et autoroutier due à l’arrivée d’un grand nombre de MRE et de la multiplication des déplacements des nationaux.

En se penchant sur l’évolution du nombre de morts par région et en tenant compte de la densité de la circulation, on s’aperçoit que c’est la région du Grand Casablanca qui connaît la plus importante hausse, soit 11,8% pour les 11 premiers mois de 2012 par rapport à l’égale période de 2011. Elle est suivie des régions de Meknès-Tafilalet avec une progression de 9,13%, du Gharb-Chrarda avec 8,11% et de Marrakech-Tensift-Al Haouz avec 7,04%.Dans les régions de l’Oriental, Chaouia-Ouardigha et Doukkala-Abda, le nombre de morts a progressé respectivement de 7,43%, 6,71% et 6,21%. On ne prendra pas en considération les hausses à deux chiffres dans certaines provinces du Sud dans la mesure où les accidents corporels y sont moins fréquents que dans les régions à forte densité de population. Quant aux régions de Fès-Boulemane et Souss-Massa-Drâa, elles ont vu leur nombre de tués baisser respectivement de 26,37% et de 16,90%. Il en va de même pour Taza-Al Hoceima où le nombre de tués a régressé de 16,77%.

Malgré la relative stagnation des accidents et du nombre de victimes, la situation reste préoccupante. Elle l’est d’autant plus que selon les études menées par le CNPAC, le facteur humain intervient dans plus de 80% des accidents corporels. Ce facteur humain englobe toutes les fautes imputées directement aux conducteurs (non-respect du code de la route, erreurs d’appréciation, manque d’application, impatience, insouciance…). A voir les comportements sur les routes, en dehors et dans le périmètre urbain, on ne peut donc s’étonner du niveau élevé des évènements dramatiques. Passée l’émotion après chaque accident grave, les mauvaises habitudes se réinstallent très rapidement.

Les autres causes sont liées à l’environnement, c’est-à-dire l’infrastructure routière, la signalisation, le volume de la circulation et les conditions atmosphériques. Un troisième facteur tout aussi décisif dans la provocation des accidents concerne l’état mécanique des véhicules, particulièrement la puissance, l’état des pneumatiques, l’éclairage, etc.

Avec 13 fois moins d’automobiles en circulation, le Maroc enregistre plus de morts que la France

Ces différents éléments montrent que pour maîtriser le problème des accidents de la circulation, il ne suffit pas d’un code de la route comprenant des sanctions sévères et d’un contrôle des automobilistes tout aussi sévère. Il est impératif de mettre en place des instruments de contrôle modernes en mesure de réduire les interventions humaines, et donc les négociations entre agents de contrôle et contrevenants. En d’autres termes, il faut que les fautes soient efficacement traquées et réellement sanctionnées. Le problème est que le dispositif matériel se met très lentement en place en raison de résistances de toutes natures. Il en est ainsi de la généralisation de l’installation des radars fixes, de la gestion électronique des permis, de la mise à niveau des centres techniques et des autos-écoles. Il est évident que de gros progrès peuvent être réalisés si le problème est réellement pris à bras-le-corps. On ne peut pas continuer à invoquer la fatalité. Avec seulement 3 millions de véhicules en circulation, le Maroc enregistre plus de morts que la France qui en compte 40 millions. En 2012, 3 645 personnes sont décédées sur les routes françaises, en baisse de 8% par rapport à 2011. L’objectif de descendre en dessous de 3 000 n’est pas encore atteint, mais il est certain que les flashs des radars et les sanctions qui s’en suivent ont fait leurs effets.