Abdellatif Maà¢zouz fait du porte-à -porte chez les entreprises européennes pour doper les exportations

Des délégations comprenant ministères, douane et ports rendent visite aux patrons des grands donneurs d’ordre européens. Objectif des rencontres : convaincre les groupes de venir s’approvisionner davantage du Maroc. Monoprix, Etam, Fornari sont déjà  venus pour prospecter le marché local.

Les responsables chargés du commerce extérieur innovent en matière de promotion des exportations. Outre les actions directes réalisées par le biais des missions, des caravanes, des salons et autres, une autre approche est expérimentée dans le cadre de la politique dite Maroc Export Plus initiée depuis 2009. Il s’agit de l’executive marketing qui consiste à nouer des contacts directs à un haut niveau avec les grands investisseurs étrangers. Et c’est le ministre du commerce extérieur lui-même qui préside les négociations de l’équipe marocaine composée de représentants du ministère de l’industrie et du commerce, de la douane et des ports (notamment de Tanger Med). «Le marketing direct peut aussi être effectué à travers des intermédiaires», explique Abdellatif Maazouz, ministre du commerce extérieur.
Les premiers contacts ont eu lieu avec des leaders européens des secteurs du textile-cuir, de l’agroalimentaire et de l’automobile. L’objectif de ces rencontres est de convaincre les patrons de ces groupes de venir s’approvisionner du Maroc et, pour ceux qui le font déjà, d’augmenter les volumes de leurs achats. «L’objectif est d’abord de fidéliser les clients et ensuite de les inciter à passer d’un niveau d’achat déterminé à un autre beaucoup plus important», souligne le ministre. «Au lieu de les laisser faire un choix dans une liste de pays potentiels, nous anticipons leurs besoins en informations et essayons de nous adapter à leur demande. Le meilleur moyen de le faire est d’aller à leur rencontre», poursuit-il.

Négociations avec huit grands groupes

Quels sont les arguments que font prévaloir les négociateurs marocains ? «Notre travail consiste à recenser les attentes de ces investisseurs et à avancer des propositions concrètes susceptibles de les persuader à s’intéresser à nos produits», ajoute Abdellatif Maazouz qui précise que ce sera ensuite aux entreprises privées de convaincre de leurs atouts concurrentiels.
L’équipe gouvernementale a rencontré huit grands groupes dont des français, des italiens et des espagnols. Six sont déjà des clients du Maroc parmi lesquels un est bien implanté dans le pays. Il s’agit de l’espagnol Inditex, propriétaire de neuf grandes enseignes à travers le monde dont Zara, Massimo Dutti, Pull and Bear et Bershka.
Parmi les autres entreprises figurent également de grandes marques mondialement connues comme Beaumanoir, Camaieu, Max Mara, Diesel, Fornari, Monoprix et Etam.
Sur les huit groupes rencontrés, trois sont déjà venus au Maroc entre mars et mai pour une visite de prospection. Les représentants d’Etam, groupe spécialisé dans la mode féminine qui réalise un chiffre d’affaires de près d’un milliard d’euros, ont noué des contacts avec une vingtaine d’entreprises de textile à Salé, Berrechid et Casablanca au cours des deux visites. Les patrons d’une autre enseigne de renommée internationale, Fornari, sont aussi venus pour étudier des possibilités de signer des contrats d’achat avec des producteurs de jean’s et de cuir (chaussures). Les responsables de la marque italienne qui ont visité une trentaine d’usines à Casablanca, Rabat et Tanger ont exprimé leur souhait d«’investir avec un associé américain au Maroc dans une unité de production afin d’exporter vers l’Europe et les Etats-Unis», confie M. Maazouz.

Le budget promotion : 380 MDH contre 64 MDH en 2008

Les dirigeants de Monoprix ne sont pas en reste. Ils ont fait le déplacement à deux reprises au Maroc. Objectif : dénicher des opportunités de collaboration avec des fournisseurs locaux pour leur gamme textile. Sur un chiffre d’affaires de 3,7 milliards d’euros, le groupe réalise quelque 500 millions d’euros en produits textiles. Autant dire que les 14 entreprises de textile marocaines rencontrées par le groupe français ont là une belle opportunité à saisir.
Conscient de l’importance de ce volet, le gouvernement a consacré une hausse importante du budget réservé à la promotion. De 64 MDH en 2008, il est passé à 120 en 2009, à 200 MDH en 2010 et à 380 MDH en 2011. Et Pour vendre, il n’y a finalement pas de secret : il faut faire du porte-à-porte comme au bon vieux temps.