A peine 2 860 travailleurs placés par l’ANAPEC à  l’étranger en 2012 !

Les placements à  l’étranger ont fortement baissé depuis le déclenchement de la crise économique en 2008. L’Espagne et la France restent les premiers pays d’accueil. Les offres d’emploi concernent surtout l’agriculture, la grande distribution, les services et la sécurité.

Rien à dire, la crise économique apparue en 2008 a eu et continue d’avoir un fort impact négatif sur l’emploi. Cela apparaît très clairement dans les chiffres du chômage, principalement en Europe, mais tout particulièrement dans certains pays comme l’Espagne où le taux atteint 25%.

Le Maroc, qui a des relations économiques et commerciales denses avec le Vieux Continent, en a été affecté non seulement au plan de la demande adressée à l’économie nationale, mais également du point de vue des offres d’emplois destinés aux travailleurs marocains. Les statistiques de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) sont à cet égard éloquentes. Selon cet organisme, qui assure l’intermédiation sur le marché national et international, le nombre de travailleurs placés à l’étranger, après avoir suivi une tendance haussière depuis la création de l’agence en 2001, a commencé à décliner précisément à partir de 2009. De 11 550 salariés placés par l’ANAPEC en 2008, le nombre tombe à 2 866 en 2012 (voir tableau). La crise a donc eu raison de la dynamique positive observée au début des années 2000.

Comme l’explique le directeur général de l’ANAPEC, Hafid Kamal, même si l’agence prospecte et continue de chercher «des opportunités de placement des Marocains à l’étranger et contribue à la dynamisation des accords de main-d’œuvre signés dans ce sens», ce sont tout de même les employeurs qui offrent des emplois. Et parmi ces employeurs, il y a, en tête, l’Espagne, suivie de la France. Pour l’essentiel, ce pays offre des emplois saisonniers dans l’agriculture, pour des durées allant de 3 à 9 mois. Mais c’était surtout vrai avant que ce pays n’enregistre le taux de chômage le plus élevé d’Europe.

L’ANAPEC dispose de quatre agences dédiées

Selon les données de l’ANAPEC, on constate cependant une évolution à la fois dans la nature des emplois offerts et dans le genre (ou sexe) de la main-d’œuvre sollicitée. Ainsi, si par le passé les emplois offerts venaient surtout du secteur agricole espagnol et concernaient principalement les femmes, désormais, les demandes proviennent surtout des pays du Golfe avec lesquels le Maroc a signé des conventions de main-d’œuvre, comme le Qatar, les Emirats Arabes Unis et le Bahreïn. Et ces demandes, selon l’ANAPEC, s’adressent généralement à la population masculine et concernent les métiers de la grande distribution, des services et de la sécurité. Contrairement aux travaux dans l’agriculture, ici les contrats sont conclus pour des durées supérieures à un an et débouchent, en cas de renouvellement, sur des contrats à durée indéterminée.

Plus généralement, et au-delà des aléas de la conjoncture, l’ANAPEC, dont c’est une des missions en vertu de la loi, compte s’investir encore plus dans le placement à l’international des Marocains candidats à l’émigration légale. Pour cette mission, outre la division du placement à l’international qui existe au niveau du siège, elle a ouvert quatre agences dédiées.

Il faut dire que si l’Europe est en crise et que, de ce fait, son marché du travail se rétrécit, y compris pour les nationaux, dans le Golfe la situation est fort différente. Non seulement les pays de cette région, en raison de la structure de leur économie, ne connaissent pas la crise, mais en plus ils connaissent un développement accéléré, notamment dans le domaine des services (informatique, hôtellerie, restauration, sécurité, etc.). Traditionnellement, les pays du Golfe s’adressent surtout à une main-d’œuvre de l’Asie du Sud et du Sud-Est ; sans doute en raison du facteur géographique et linguistique (outre l’arabe, l’anglais est la langue dominante dans le monde du travail). Mais il y a sans doute de la place pour les travailleurs marocains, désormais de mieux en mieux formés. La formation est en effet la clé de la réussite de la mission de placement à l’international. Surtout avec le développement de métiers mondiaux comme l’informatique ou encore l’aéronautique…