A chaque ville sa recette pour tenter de maintenir son activité touristique pendant Ramadan

Agadir baisse ses prix pour sauver la saison n Marrakech propose aussi des formules, mais compte plus sur sa réputation pour remplir ses hôtels.
Casablanca compte sur l’animation et les soirées d’entreprises.

Ramadan s’installe en été pour plusieurs années, ce qui pousse les professionnels du tourisme à réagir pour amortir le choc. Prises de court cette année, certaines  destinations nationales balnéaires qui connaissent un taux d’occupation élevé au mois d’août ont pris des mesures pour attirer les touristes. C’est le cas d’Agadir où Abderrahim Oumani, le président du CRT (Conseil régional du tourisme), déclare qu’à l’heure actuelle la ville est «pratiquement sûre d’avoir une saison moyenne, grâce à des actions de promotion en direction de la clientèle internationale». En effet, ces actions, sous différentes formes, se traduisent par une baisse des prix de l’ordre de 20%. Selon le président du CRT, le taux de réservation pour le mois d’août chez les hôteliers de la ville avait atteint à la mi-juillet 35%, ce qui est «une excellente performance» étant donné les circonstances, précise M. Oumani. La destination table par conséquent sur un taux d’occupation de 50% pour le mois d’août.  En revanche, pour la clientèle nationale qui représente habituellement 45% des arrivées en août, les choses se présentent bien différemment. Les hôteliers tentent bien quelques opérations de promotion en proposant à prix équivalent de la demi-pension le «ftour» et le «shour», et une animation adaptée, mais on ne se fait pas trop d’illusions.

A Tanger, aucun plan, faute d’entente entre les hôteliers

Pour Marrakech, le cas est différent. Hamid Bentahar, le président du CRT, ne se fait pas trop de soucis pour le mois de Ramadan, car contrairement à ce qui se passe dans d’autres villes, les restaurants et les commerces ne ferment pas en raison de la présence de touristes et d’une forte communauté étrangère résidente. A cela s’ajoute le fait que c’est aux mois de juillet et août que les hôteliers marrakchis offrent les prix les plus bas, soit en moyenne 30% moins chers que les prix d’hiver.
Et cette année, tous les hôtels de la ville proposent des forfaits orientés familles avec, notamment, des gratuités pour les enfants de moins de 12 ans. Selon M Bentahar, aujourd’hui, la plupart des nouveaux lieux d’hébergement qui se construisent dans la ville, y compris ceux des grandes enseignes internationales, ciblent aussi le segment des familles.
A Tanger, les hôteliers qui se sont réunis jeudi 22 juillet pour proposer une offre unifiée aux nationaux ne se sont pas  mis d’accord ni sur le principe ni sur les prix promotionnels qu’ils pourraient offrir durant le mois de Ramadan. Selon Mustapha Boucetta, président du CRT, les hôteliers du Nord qui travaillent beaucoup avec les agents de voyages et avec les sociétés de plus en plus nombreuses qui s’installent à Tanger, craignent que les éventuelles promotions pour les nationaux ne tirent les tarifs pratiqués vers le bas.
Enfin, à Casablanca, les hôteliers ne se démarquent pas par rapport aux années précédentes. En effet, la plupart des hôtels se rabattent sur les formules «ftour» avec animation.