816 000 clients contre 1,3 million en 2008, gros nettoyage dans le microcrédit

Al Amana domine toujours le secteur avec 46,71% des clients actifs du secteur.
L’encours moyen est passé de 1 747 à  5 928 DH n Le portefeuille à  risque en baisse selon la Fnam.

Dans le secteur du microcrédit, l’assainissement des comptes suit manifestement son cours. Dévoilées récemment par la Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM), les statistiques du secteur au 30 juin 2010 font ressortir une nette baisse de la quasi-totalité des indicateurs. Le nombre de clients actifs est tombé de 1,28 million en 2008 à 816 462, à fin juin 2010. Ces chiffres n’englobent pas ceux de la Fondation Zakoura lesquels, de toute façon, ne changent pas la donne.  Quant au montant total des prêts en cours, il est passé de près de 5,7 milliards de DH à fin 2008 à 4,84 milliards de DH à juin 2010. Il est loin le temps où ces mêmes chiffres étaient quasiment multipliés par 2. Seul l’encours moyen du prêt n’a cessé d’augmenter ces dernières années, passant de 1 747 DH, à fin 2003, à 5 928 DH, à fin juin 2010.

Huit associations s’unissent pour s’équiper d’un système d’information

Malgré la situation actuellement difficile du secteur, certaines associations sont mieux loties que d’autres. C’est le cas d’Al Amana qui voit sa part de marché passer de 43,45% à fin 2009 à 46,71% au bout des 6 premiers mois de 2010. Viennent ensuite la Fondation Banque Populaire pour le
micro crédit (FBPMC) avec 16,64%, la Fondep avec 15,23% et la Fondation Ardi du Crédit Agricole avec 12,58%. Les 8 autres associations, souvent qualifiées de petites, se partagent le reste avec des parts de marché de 2% au meilleur des cas.
Pour ce qui est de l’évolution du portefeuille à risque (PAR), l’information semble confidentielle. Jamal Dadi, délégué général de la FNAM, soutient cependant qu’«[elle] diminue, notamment grâce à une politique très agressive du recouvrement».
Justement, pour mieux contrôler la distribution du crédit, un projet de centrale de risque est en cours de réalisation. Cependant, une période transitoire a été fixée le temps de permettre aux petites associations de s’équiper d’un système d’information et de gestion (SIG) adapté. Pour surmonter cet obstacle, 8 associations se sont réunies sous l’égide du Crédit Agricole du Maroc en réseau de solidarité dans le but de mutualiser leurs efforts. Une étude menée par l’Agence pour le partenariat et le progrès (APP) sur les besoins de ces associations en matière de SIG devait d’ailleurs être remise ce 29 septembre.