60 millions de litres de lait, 287 millions d’Å“ufs… la boulimie du Ramadan

60% du chiffre d’affaires de la grande distribution est réalisé avec les aliments spécifiques au Ramadan

L’essentiel des achats se fait 15 jours avant ou au cours de la première semaine de ce mois.

Ramadan est par excellence un mois de grande consommation. Pour préparer les mets de la fameuse meïda du f’tour, plusieurs produits consommés de manière plutôt irrégulière au cours des onze autres mois de l’année deviennent stratégiques : œufs, lait, jus, miel, beurre, farine, féculents, huile, levure, sucre vanillé, concentré de tomates,s etc. Ces produits, par conséquent très prisés par les consommateurs, voient leurs ventes progresser de façon substantielle. Signe qui ne trompe pas, elles constituent, pour une chaîne de grande distribution de la place, 60 à 90% de son chiffre d’affaires du Ramadan.

Bien entendu, la tendance à la hausse est enregistrée dans tous les circuits de distribution, aussi bien les épiceries de quartier que les grandes surfaces. Ces commerces signalent, sans exception, une augmentation de leur chiffre d’affaires.

La demande augmente de 20 à 30 % pendant le Ramadan pour le lait
Le mois sacré est donc une période de forte consommation, mais, il faut noter, comme le précisent les commerçants, que le pic des ventes a lieu durant les quinze derniers jours du mois de Châabane. La fièvre des achats persiste jusqu’au septième jour du Ramadan et, passé ce délai, les ventes de produits alimentaires, hormis les produits frais, se normalise. Mais, elle reprendra au cours de la dernière semaine du Ramadan, et portera cette fois sur d’autres produits, notamment le textile (les vêtements pour l’Aïd) et le couscous, poulet, fruits secs nécessaires pour le repas de la Nuit du Destin.
Les statistiques précises de la consommation ne seront disponibles qu’à la fin du mois, mais les divers circuits de distribution ont une estimation des ventes pour certains produits-phare.
Ainsi, pour le lait, la demande augmente de 20 à 30% par rapport aux autres périodes de l’année. Et ce sont quelque 60 millions de litres qui sont consommés pendant le Ramadan. Une demande totalement satisfaite par les industriels marocains qui constituent leurs stocks de lait UHT plusieurs semaines à l’avance. Nous sommes donc loin des pénuries d’il y a quelques années puisque les ventes de lait UHT connaissent, selon un industriel de la place, une évolution de 80%. Pour le lait pasteurisé, la demande progresse de 50%.

Une baisse pour les biscuits, ships et céréales
Les dérivés laitiers (notamment les yaourts) sont aussi très demandés durant le mois sacré et enregistrent globalement une hausse de 15%. Et dans cette catégorie de produits, ce sont les crèmes desserts qui arrivent en tête avec une évolution des ventes de 70%.

Les œufs sont également un produit très prisé pendant le Ramadan. La consommation mensuelle normale de 250 millions d’œufs augmente de 15 % pendant Ramadan pour atteindre les 287 millions d’unités. Soit 37 millions de plus que pour un mois normal. Et là, les ventes, contrairement aux autres produits, s’étalent sur tout le mois. S’ils sont consommés au f’tour, ils sont aussi très demandés à la fin du mois, notamment pour la préparation des gâteaux de l’Aïd.

Les féculents, autre produit vedette du Ramadan, connaissent une évolution substantielle. Globalement, les ventes portent, pendant Ramadan, sur 20 000 tonnes contre 12 000 à 13 000 tonnes au cours d’un mois normal. Et ce sont les pois chiches, les fèves et les lentilles qui sont le plus demandés.

Enfin, si, auparavant, les ménagères préféraient les jus faits maison, la tendance s’est aujourd’hui inversée. Les jus industriels sont plus demandés et c’est pas moins d’un million de litres qui est consommé durant Ramadan. Les données chiffrées ne sont pas encore disponibles, mais selon un industriel, la répartition des ventes révèle, d’une part, que le jus d’orange arrive en tête et, d’autre part, que ce sont les jus importés qui sont les plus demandés. Pour les industriels, la hausse de la consommation de jus sera plus importante pour les prochains mois de Ramadan puisque ceux-ci coïncideront avec l’été.

Cependant, la fièvre des achats ne touche pas toutes les catégories de produits puisque certains voient leurs ventes stagner, voire baisser.
C’est le cas, étonnant d’ailleurs lorsque l’on voit les campagnes de communication durant le Ramadan, des boissons gazeuses. Les commerces n’avancent pas de chiffres précis, mais soulignent que les ventes se tassent durant cette période. Elles auront également baissé pour d’autres produits comme les biscuits, les ships et les céréales.