53% seulement de la viande consommée à  Casablanca provient des abattoirs

Leur production annuelle n’était que de 22 000 tonnes en 2006. Elle sera de 28 000 tonnes en 2011. Le reste de la viande consommée provient des achats dans les souks extérieurs et Aid Al Adha.

L’activité va crescendo aux abattoirs de Casablanca. De 22 000 tonnes de 2005 et 2006, la production est montée à 27 000 en 2010, et, à fin novembre, 26 148 tonnes ont été comptabilisées. Les services vétérinaires de la ville en charge de la sécurité alimentaire estiment que l’on sera à quelque 28000 tonnes. Certes, on est très loin des 80 000 de la capacité théorique du complexe qui a coûté 70 MDH, mais on avance (lentement mais sûrement) vers les 50 000 tonnes correspondant aux besoins estimés de Casablanca. En observant l’évolution des chiffres par mois, on s’aperçoit que la production dépasse parfois largement les moyennes mensuelles de l’année dernière, même si le mois de novembre a connu une régression due aux deux semaines d’arrêt observées lors de Aïd Al Adha. Un rythme de progression normal est donc amorcé. Mais le plus important est que la lutte contre l’abattage clandestin a un effet dissuasif remarquable. Par exemple, juste après l’opération spectaculaire de saisie des viandes avariées à Derb Ghallef en octobre dernier, la production des abattoirs a atteint 2 971 tonnes contre 2 550 au même mois de 2010.

Casablanca compte 8 000 bouchers officiels

Alors, comment arrive-t-on à satisfaire l’ensemble des besoins de consommation de la ville ? Si l’on s’en tient à une consommation de 15 kg/h et par an, les besoins de la ville, qui compte 3,5 millions de personnes, totalisent 52 500 tonnes. A la production des abattoirs (28 000 tonnes attendues en 2011), il faudra ajouter quelque 8 000 tonnes provenant de l’abattage hors Casablanca mais qui entrent dans le circuit de commercialisation contrôlé et réglementé, soit 36 000 tonnes. A ce tonnage, les services vétérinaires adjoignent les 12 000 tonnes issues du sacrifice de Aïd Al Adha (sur la base d’un mouton de 20 kg par ménage). On n’est pas loin du compte, sachant que les Casablancais ont l’habitude de ramener de la viande foraine des souks à 60 DH le kilo contre 75 DH chez leur boucher.
Et l’abattage clandestin dans tout cela ? Cette année et jusqu’au mois de novembre, ce sont quelque 10 600 kg qui ont été saisis, qu’il s’agisse de l’abattage clandestin, de viandes foraines introduites illégalement ou encore de viandes contrôlées impropres à la consommation, indique le Dr Farid Amraoui, chef de l’antenne casablancaise de l’Office national de sécurité sanitaire et des produits alimentaires (ONSSA). Bien entendu, on peut faire plus, mais alors il faudrait mobiliser plus  de 5 vétérinaires et 7 techniciens (pour les 8 000 bouchers que compte la ville) dont dispose l’antenne de l’ONSSA de Casablanca.