40 MDH pour une usine de fabrication de téléphones portables

Pour l’implantation de son usine, l’espagnol Imobility hésite entre Tanger et Casablanca.
Des contacts sont en cours avec Méditel et Wana pour assurer des débouchés.
Une production en grande partie destinée aux pays africains.

Le constructeur espagnol de téléphones mobiles Imobility va s’implanter au Maroc. Dans une première phase, il a été créé une filiale locale dénommée Imobility Afrique, dont 40% du capital sont détenus par la maison mère et 60% répartis entre des investisseurs locaux. «Pour le moment, les opérateurs de télécoms locaux ne sont pas entrés dans le capital», indique Rufino Pereda Mielgo, PDG d’Imobility, qui précise que l’entreprise sera indépendante des entités européennes et chinoise.

Un budget de 40 MDH est arrêté pour la construction d’une usine dans la zone franche de Tanger ou à Casablanca. La décision finale n’est pas encore retenue. Une société commerciale requérant un investissement de 33 MDH sera également créée.

Le projet comprend en outre un centre de recherche et développement qui devrait employer une vingtaine d’ingénieurs. Au total, l’usine comptera 522 salariés dont 90% de femmes. La disponibilité de ressources humaines qualifiées et la position géographique du Maroc ont été déterminantes dans la décision d’investir de l’équipementier.

En effet, le Maroc sera érigé en plateforme de production à destination de toute l’Afrique pour la marque Imobility ou autres, étant donné que le groupe espagnol fabrique aussi des appareils pour LG et Nokia. L’unité marocaine aura pour vocation de monter différents éléments en provenance d’autres pays. L’idée est de proposer un produit spécifiquement adapté aux besoins des consommateurs sur des marchés où le pouvoir d’achat est peu élevé.

La société vise 0,5% du marché africain
Néanmoins, les investisseurs n’ignorent pas que le continent recèle un potentiel élevé. C’est la région qui affiche le taux de croissance dans les télécommunications le plus important (38% en 2007). Le constructeur espère y vendre au moins 100 000 postes dès le départ et vise 0,5% d’un marché estimé par Pereda Mielgo à 300 millions d’unités par an dans les trois années suivant le démarrage de l’usine marocaine.

D’après le calendrier annoncé, la construction de l’usine devrait prendre six mois. Les responsables espèrent débuter en janvier prochain. Comme le choix du site n’est pas encore arrêté, il faudra faire vite pour respecter les délais. En attendant le démarrage, ils prospectent déjà deux des trois opérateurs de la place, en l’occurrence Méditel et Wana, pour s’assurer un débouché régulier.