2M et TVM ont augmenté leurs tarifs pub de 40% au cours du Ramadan

La publicité représente 16 à 18 mn
de diffusion après le f’tour, au lieu de 15 mm par heure selon les normes internationales.

Trop de publicité à la télévision pendant le Ramadan ? Sur cette question, les avis sont partagés : pour certains observateurs avertis, il y a une surcharge durant le prime time (18 à 19h). Soit la plage horaire entourant le f’tour. Chiffres à l’appui, ils avancent que sur une sitcom de 26 mn il y a 13 mn de publicité. Globalement, selon ces mêmes sources, les chaînes nationales seraient largement au-dessus des normes internationales. Ainsi, à titre d’exemple, en Europe, la norme est de 15 mn par heure de diffusion. Au Maroc, et durant la période du Ramadan, les spots publicitaires représentent 16 à 18 mn par heure de diffusion après le f’tour.
Pour les professionnels, la réponse est plutôt mitigée. «Si certains estiment qu’il y a trop de publicité, nous pouvons dire, au contraire, qu’il n’y en a pas assez pour un marché comme celui du Maroc qui offre un grand potentiel. Car, aujourd’hui, il faut le signaler, les agences ne travaillent qu’avec les grosses entreprises alors que 90 % du tissu industriel est composé de PME qui représentent d’importantes opportunités», indique El Mostafa Alaoui, DG du Service autonome de publicité (SAP). Outre cette réaction d’ordre général, le patron du SAP reconnaît effectivement, qu’il y a une surcharge pendant le prime time au cours du Ramadan. Une situation tout à fait normale, car estime-t-il, «le Ramadan est le meilleur mois pour nous. Nous faisons 50 % de plus de chiffre d’affaires par rapport aux autres mois de l’année. Mais en temps normal, la TVM est à 55 mn de publicité pour 18 heures de diffusion alors que TFI, par exemple, est à 144 mn pour 24 heures».
Pour le responsable du SAP, l’augmentation des spots publicitaires au cours du Ramadan a une explication à la fois économique et sociale.

Le chiffre d’affaires mensuel augmente de 50 % pendant le Ramadan
Ce mois étant une opportunité de grande consommation, les annonceurs, particulièrement dans le secteur agroalimentaire, mettent le paquet. «Certaines entreprises vont même jusqu’à se contenter d’une seule opération durant le mois sacré avec des budgets se situant entre 400 000 et 500 000 DH», souligne le DG du SAP.
Socialement, poursuit M. Alaoui, «les Marocains changent leurs habitudes, ils sont en famille, regardent davantage la télé, particulièrement les chaînes nationales. Une opportunité que saisissent les annonceurs pour faire passer leurs messages».
Pour faire face à cette forte demande, les deux chaînes nationales ont des stratégies commerciales spécifiques. Elles procèdent à des réaménagements des plages horaires ainsi qu’à des augmentations de tarifs. Ainsi, les deux télés nationales ont augmenté de 40 % leurs tarifs tout comme elles ont, par la force des choses, réduit leurs tarifs en journée. Si, à 2M, les responsables n’ont pas pu être joints malgré nos appels répétés, pour expliquer leur stratégie, à la TVM, on estime que «ces réaménagements sont normaux et nécessaires pour organiser les passages publicitaires et départager parfois les annonceurs qui demandent tous le prime time». Parfois, la première chaîne a même été contrainte de vendre aux enchères des plages publicitaires.
Au SAP, on avance que les augmentations se justifient car il faut donner aux chaînes de télévision les moyens de réaliser des productions nationales de qualité, car elles coûtent cher. Une heure de diffusion achetée coûte 10 à 15 fois moins cher, selon le SAP, qu’une heure produite.