200 MDH collectés au titre de la taxe aérienne à  fin septembre

Son application a ralenti le trafic aérien international : +1% entre mai et septembre contre +10% à  la même période de l’année dernière. Plus de la moitié des recettes provient de la RAM.

Dès que sa mise en place a été évoquée par le ministère du tourisme, les professionnels du secteur, compagnies aériennes en tête, étaient rapidement montés au créneau pour critiquer une mesure qui risquait de ralentir l’activité touristique du Royaume. Aujourd’hui, les statistiques semblent leur donner raison. Entrée en vigueur le 1er avril, la taxe aérienne pour la solidarité et la promotion touristique qui, rappelons-le, est applicable à tout billet émis au départ du Maroc à raison de 100 DH pour chaque billet de classe économique et de 400 DH pour les classes Affaires et Business, semble en effet avoir impacté le transport aérien.

D’après les statistiques de l’Office national des aéroports (ONDA), le trafic aérien global (domestique et international) entre mai et fin septembre n’a progressé que de 2%, à 7,75 millions de passagers, contre une progression de 11% l’année dernière à la même période. Si l’on ne se penche que sur les vols internationaux, seuls concernés par ladite taxe aérienne, l’impact est plus visible. En effet, le nombre de passagers sur ces vols a progressé d’un petit 1% entre mai et septembre, à un peu plus de 7 millions de voyageurs, alors même qu’il avait augmenté de 10% à la même période l’année précédente.

Les recettes partagées à 50/50 entre l’ONMT et le Fonds de solidarité

Enfin, le constat s’accentue en ce qui concerne les vols internationaux «point à point» puisque le nombre de passagers a cette fois perdu 2%, passant de 3,9 millions de passagers entre mai et septembre 2013 à quelque 3,8 millions cette année. En 2013, il avait progressé de 13%. Voilà qui a de quoi apporter de l’eau au moulin des adversaires de la taxe aérienne.

Sur les 5 premiers mois de son entrée en vigueur, ce sont en tout cas pas moins de 200 MDH qui ont été collectés grâce à cette taxe de solidarité. A elle seule, Royal Air Maroc a contribué à hauteur de 125 MDH, soit près de 63% de l’enveloppe totale. Rappelons que cette enveloppe est partagée à 50/50 entre l’Office national marocain du tourisme (ONMT) et le Fonds de solidarité. De son côté, l’ONMT est censé utiliser ces fonds additionnels à son budget pour promouvoir la destination Maroc à l’étranger. Des voix s’élèvent pour fustiger l’utilisation de ces fonds pour subventionner de nouvelles lignes aériennes, telles que Madrid-Ouarzazate par Air Europa qui démarrera le 27 novembre. Inquiètes, Ryanair et EasyJet avaient à l’époque annoncé leur retrait du Maroc si la taxe entrait en vigueur. Près de 8 mois plus tard, force est de constater que le paysage aérien du Maroc n’a pas été bouleversé pour autant. Si l’une s’en va, une autre la remplace.