16,5 ou 22 % de la BCP à  vendre aux BPR

L’opération est prévue en 2005 et pourrait rapporter entre 700 et 900 MDH.

Les recettes des privatisations pour l’exercice 2005 seront faibles exception faite des 16 % de Maroc Telecom, à moins d’une opération surprise. C’est justement ce qui risque de se produire. Des sources bien informées au ministère des Finances ont révélé à La Vie éco que Fathallah Oualalou et son équipe réfléchissent sérieusement à une nouvelle opération sur la BCP après l’introduction en Bourse de 20 % de son capital en juin dernier. Cette fois-ci la cession se fera au profit des Banques populaires régionales (BPR) qui détiennent déjà 20,72 % des actions. Interrogé à ce propos, le Pdg de la BCP, Noureddine Omary, confirme que «le principe de la cession est acquis», ajoutant que seuls «restent quelques réglages». L’un des derniers détails à définir concerne le volume qui sera cédé. Comme le révèle le Pdg de la BCP, «ce sera soit 16,5% soit 22% du capital». En d’autres termes, l’Etat cédera à chacune des 11 BPR 1,5 ou 2 %. En se basant sur la dernière introduction en Bourse, l’opération pourrait rapporter de 650 à 880 MDH sachant que les BPR ont droit à un prix préférentiel avec une décote pouvant atteindre 10 % de la valeur de l’action BCP.
Contactés par La Vie éco, Mohamed Belqziz, directeur de la division sociétariat et réforme à la BCP, explique en effet que «depuis la promulgation de la loi 12-96 sur la réforme du Crédit populaire marocain (CPM), en octobre 2000, il était toujours prévu que les BPR montent, à terme, en puissance dans le capital de la BCP…C’est une transaction qui est constamment à l’ordre du jour, mais aucune date n’est encore fixée». Désormais c’est presque fait : ce sera très probablement courant 2005. Et c’est d’une privatisation en bonne et due forme qu’il s’agira car les BPR sont des coopératives à capital variable détenu par ses propres clients, donc des privés.
Ce qu’il faut toutefois savoir, c’est que cette transaction ne sera pas la première du genre. En 2002 déjà, même si l’opération était passée quelque peu inaperçue, l’Etat avait cédé 21% du capital de la BCP aux mêmes BPR en application des dispositions de la réforme.
D’un autre côté, le texte prévoit de manière explicite, que «la majorité du capital de la BCP (51 %) restera détenu par l’Etat et les BPR», conjointement s’entend. A ce jour, et nonobstant le transfert en projet qui en fait ne changera rien, ils détiennent ensemble près de 66 % ( 45% pour l’Etat et 21% pour les BPR avant la cession de 2005). Autrement dit, ils auront ensemble 15 % de plus que la majorité que rien n’empêcherait de vendre ultérieurement. A qui ? Personne n’en sait rien, d’autant plus que, pour l’heure, c’est une hypothèse qui n’est pas encore à l’ordre du jour. Peut-être que le ministre des Finances voudrait réserver le petit pactole pour le budget 2006.