1,2 milliard de DH pour mettre à  niveau 6 200 exploitations avicoles

Le secteur avicole entre dans une phase cruciale de son évolution. En effet, avec l’application des arrêtés (13 au total) de la loi 49-99, il entre de plain-pied dans la mise à niveau. Et ce n’est pas une mince affaire car le secteur, qui pèse 13 milliards de DH de chiffre d’affaires, doit pouvoir mobiliser 1,24 milliard de DH pour se moderniser. Précisément, on estime que les quelque 6 200 élevages recensés doivent investir une moyenne de 200 000 DH chacun pour mettre à niveau leurs moyens de production, de commercialisation, de transport et de distribution.

Les éleveurs devront ainsi se doter de clôtures, de toitures lavables et désinfectables, bétonner le sol des élevages, se doter d’une fosse à cadavres ou d’un incinérateur, d’autoluves et pédiluves (cuves pour désinfecter les véhicules et bottes des ouvriers)…

Mais la loi stipule aussi d’autres mesures, relatives notamment au transport de la volaille, avec la proscription des cages en bois et leur remplacement par du plastique ou du métal afin que l’on puisse les laver et les désinfecter après chaque opération. Les installations d’abattage doivent comporter deux espaces séparés, l’un pour l’opération dite sale (abattage et déplumage) et l’autre pour l’éviscération et la préparation de la viande… D’ailleurs, une note conjointe des ministères de l’agriculture et de l’intérieur vient d’atterrir sur les bureaux des walis et gouverneurs pour l’application de ces directives à leur niveau.

Pour le moment, aucun délai n’est encore arrêté, les autorités compétentes préférant laisser le temps aux professionnels de se mettre en règle.

250 dollars la tonne de maïs au lieu de 125 il y a quelques mois
Au sein de la Fédération interprofessionnelle du secteur de l’aviculture (Fisa), si on se réjouit de l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions, on déplore, en revanche, le manque de mesures d’accompagnement et la difficulté pour les professionnels de négocier un contrat-programme en cette période électorale.

A cela s’ajoutent des éléments exogènes qui viennent compliquer la tâche des professionnels. En effet, après la période d’été où le kilo du poulet a atteint 15 DH au départ de la ferme, la demande est aujourd’hui en baisse. Avec le départ des MRE, le retour de vacances, la rentrée scolaire et le Ramadan qui approche, le prix a chuté à 11 DH le kilo, en ce début septembre.

Un autre événement risque, s’il perdure, de porter un coup à cette mise à niveau naissante. Il s’agit de l’augmentation des cours mondiaux du maïs. C’est ainsi que les prix de cette denrée ont atteint des niveaux très élevés. La tonne de maïs se négocie actuellement à 250 dollars sur le marché international contre 120 à 125 dollars, il y a quelques mois à peine. S’il est vrai que l’Etat, vu que le Maroc est nettement dépendant de l’importation en la matière, a revu à la baisse sa taxation, la ramenant à 2,5% (contre 17%), pour les professionnels, cette baisse n’absorbe que partiellement leurs surcoûts dans la production avicole.