Un printemps jazzy pour les Casablancais

Le Festival Jazzablanca aura lieu du 18 au 23 avril. Au menu de cette dixième édition, un programme tout en fraîcheur avec des stars montantes et d’autres confirmées.

De nombreuses villes du Maroc peuvent s’enorgueillir d’attirer les plus grands artistes du monde. De la musique gnaouie, au chant sacré, en passant par la populaire variété ou l’élitiste jazz, ces cités accueillent des festivals qui font parler d’eux à l’international, qu’on ne présente plus. Si Casablanca ne s’est pas encore imposée comme l’une de ces cités-là, le Jazzablanca semble être sur la bonne voie. En dix années d’existence, le rendez-vous jazzy a pu décrocher quelques belles opportunités, mettant haut la barre. Il gagnerait peut-être à être davantage soutenu, tant pour le plaisir du public mélomane que pour le rayonnement culturel de la ville. Parce qu’elle le vaut bien…

Demandez le programme !

À l’affiche de cette dixième édition du Jazzablanca, plusieurs noms confirmés et d’autres jeunes pousses qui brillent déjà par leur talent.
Chouchou des Français, Charlie Winston est n° 1 des ventes en France en 2009. Depuis, ce soul man anglais ne cesse de se démarquer sur la scène artistique internationale. Les USA seront représentés par Raul Midon, un homme orchestre hors pair qui brassera le soul, le blues, le folk et le jazz, en vous répétant «Don’t hesitate».

Les amoureux d’Anoure Brahem à Casablanca sont légion. Il faut donc se presser pour s’assurer un ticket au concert de ce grand musicien qui s’est fortement imposé comme figure de la musique contemporaine arabe.
De Hollande, une Candy Dulfer viendra promener son saxophone dans tous les registres de jazz. Tandis que les Nigérians Tony Allen et Keziah Jones offriront des moments d’anthologie à garder précieusement dans les archives du festival.
S’il y a bien une chose qu’on ne pourra jamais reprocher au Jazzablanca, c’est de ne pas mettre en avant les talents marocains. Car, comme à chaque édition, des artistes d’ici sont à l’affiche au même titre que les célébrités venues d’ailleurs. On retrouvera à titre d’exemple Jamal Oussfi, l’artiste accompli qui joue de plusieurs instruments et qui chante sur la scène du Jazzablanca le 20 avril en compagnie de sa nouvelle formation de jeunes musiciens. On retrouvera également Othman El Kheloufi, ce fou du jazz qui tend au groove et dont la «Laqja pour Elisabeth» se cramponne à l’esprit dès la première écoute. Au menu également, une performance aussi riche qu’hétérogène du globe-trotter Rachid Guerrab, les pop-rockeurs de Sunsparks, ou le Made in Bled qui puise dans le chaabi, le raï, le gnaoui et le blues.

10 ans d’âge

Le festival fête ses dix ans. Pour My Ahmed Alami, producteur de Jazzablanca, «dix ans, c’est l’âge de la maturité. Depuis 2006, de nombreux artistes ont créé l’évènement dans les lieux emblématiques de Casablanca. Le festival n’a ainsi jamais cessé de cultiver ses différences…». Une différence qui se note en effet d’année en année, dessinant parfois de grands points d’interrogation chez les mélomanes avertis. Un choix expliqué par la recherche d’une «musique exigeante mais toujours accessible qui offre tous les métissages et déclinaisons», explique le producteur. En tant que ville cosmopolite, Casablanca mériterait donc un festival à son image pour plaire au plus grand nombre.
Cela étant dit, Jazzablanca reste tout de même ce festival qui a fait rencontrer le public avec Al Di Meola, Marcus Miller, Ibrahim Maalouf, Chick Coea, Gloria Gaynor, Patti Smith… et d’autres plus jeunes mais fort prometteurs.
Complimenté sur la qualité de son festival, M. Alami dit espérer qu’«un jour, Jazzablanca puisse égaler le festival de Fès ou d’Essaouira, mais pour cela il faut que d’autres mécènes et sponsors mettent la main à la poche», dit-il lors de la conférence de presse. À bon entendeur…