Un Mawazine qui donne la pêche

La musique est en fête à  Rabat, de la plus grosse scène à  la plus intimiste de cette treizième édition de Mawazine. Une pop spectaculaire, des chorégraphies endiablées, des sonorités du monde entier… Retour sur un programme des plus festifs.

Si l’on devait résumer cette 13e édition du festival Mawazine Rythmes du Monde, «bonne humeur» se rapprocherait du mot juste. Ce sont en effet des ondes sonores positives qui ont vibré tout au long de ce premier week-end. Sur la scène Bouregreg d’abord, c’est le Sud-africain Hugh Masekela et son énergie à faire pâlir nos parents et grands-parents, moins prompts à se déhancher aussi magistralement, qui s’est chargé d’inaugurer la scène africaine. L’audience, certes clairsemée, a su apprécier le doigté de l’artiste à la trompette et s’est extasié devant ses pas de danses, parfois un peu trop inspirés de l’ancienne tecktonik ou peut-être est-ce l’inverse ? Au final, seul le trop rapide passage du tant attendu Manu Dibango nous a laissés sur notre faim. Quelques souffles de saxophone et voilà que le Camerounais était déjà parti ! Heureusement, Hugh Masekela a rempli sa tâche avec brio. Si la scène Bouregreg ne faisait pas le plein, du côté de la scène OLM Souissi, par contre, il y avait foule. Celle-ci a été gâtée par l’idole des jeunes: Justin Timberlake. La star américaine, en digne héritière du regretté Michael Jackson, a livré une belle performance à ses fans de la première et dernière heure. Le nouveau King of pop n’a pas manqué de rendre hommage à son maître en interprétant Human nature  avant d’enchaîner ses chorégraphies millimétrées sur  Sexy Back, Cry me a river ou encore Rock your body. En pleine tournée mondiale avec The 20/20 Experience World Tour pour son troisième opus The 20/20 Experience, le bogosse de 33 ans, passé par le Mickey Mouse Club qui a aussi formé Britney Spears et Christina Aguilera, nous prouve qu’il a bien grandi depuis, pour notre plus grand plaisir.

IAM ou les mots justes au bon moment

Le lendemain, la scène Chellah et le Théâtre national Mohammed V accueillaient leurs premiers artistes du festival. Au Chellah, si la musique ne vous inspire pas, vous n’avez qu’à regarder autour de vous et la toile de fond fera le reste. La magie opérera alors et vous vous laisserez emporter vers ces contrées lointaines d’où viennent les notes que vous entendez. La plupart du temps, le décor et les notes s’accordent parfaitement. Placé sous le thème Le Chant des fleuves, le Chellah nous a fait découvrir la jeune Ethiopienne Selamnesh Zéméné et le Badume Azmari Band, venu de Bretagne. Pour le premier chapitre de cette nouvelle histoire, l’ethio-jazz nous a fait embarqués vers le Nil bleu. Au Théâtre national Mohammed V – à peine rempli – The Commodores ont chanté l’amour et en ont donné à leurs spectateurs. Pour clôturer la soirée en beauté, le «soulman» Ben L’Oncle Soul, sur la scène Bouregreg, nous a montré qu’il n’était pas si loin d’être un «superman». Avec un sourire qui ne s’éteint pas, l’artiste a brillé par sa pêche éternelle.

Le dimanche, c’est l’Espagnole Luz Casal qui, dans une tenue rouge flamboyante, nous a transmis toute la chaleur et la puissance de sa voix ibérique dans un théâtre archi-comble. Plus tard, ce sont les rappeurs marseillais IAM qui, de leur «micro d’argent», ont réveillé Rabat. En ces temps de doute, Si j’avais 20 ans, Né sous la même étoile, Côté obscur, Sombres manœuvres ou encore Les raisons de la colère ont résonné chez chacun d’entre nous. Et quoi de mieux qu’un excellent Je danse le mia pour rester optimiste ?

Mais la palme revient sans conteste au maestro Stromae qui, du haut de son deuxième album Racine carrée et déjà sacré «sosie vocal de Jacques Brel», a réuni plus de 183 000 personnes, un nouveau record dans l’histoire du festival Mawazine. Formidable, le jeune homme l’a été jusqu’au bout, interprétant tour à tour Ta fête, Tous les mêmes, Carmen ou encore la magnifique Quand c’est, repris à l’unisson par des spectateurs de 7 à 77 ans acquis d’avance. Il fallait voir tous ces écrans de Smartphone, tablettes et autres gadgets qui s’éclairaient dès les premières notes des plus gros tubes de l’artiste! Omniprésent sur nos écrans de télévisions et sur les ondes, on pouvait craindre l’overdose. Après Mawazine, l’on en redemande.