Tragi-comédie d’une descente aux enfers

Extrait : «Si tu rentres à  sept heures, je ne peux plus rien pour toi. Même le taxi va te jeter un sale Å“il dans son rétro en espérant que tu ne vomisses pas sur sa banquette en skaï…

Extrait :

«Si tu rentres à sept heures, je ne peux plus rien pour toi. Même le taxi va te jeter un sale œil dans son rétro en espérant que tu ne vomisses pas sur sa banquette en skaï. Dans le hall de ton immeuble, ça sent la chicorée chez la concierge, William Leymergie éructe déjà sur France 2 et, en prenant l’ascenseur, tu croises un type de ton âge, l’air heureux et bien reposé. Tu n’as pas le temps d’ouvrir la porte puisque ton gosse s’en charge : Papa ! Oui à présent, Hippolyte sait dire «Papa». Ensuite, il te saute dans les bras et s’agrippe comme si sa vie en dépendait».

En quelques mots :

Trentenaire mondain et brillant, tombé dans les excès de l’alcool, de la cocaïne et des médicaments, Nicolas Rey nous raconte ici sans pudeur ses «moments dingues» et ses «mauvaises passes» avec une sincérité qui émeut. Des restaurants mondains au centre de désintoxication, de la naissance de son fils à son deux-pièces de père divorcé, des fêtes aux lendemains difficiles, l’auteur choisit des tranches de vie racontées comme de courtes nouvelles pour aborder la vulnérabilité, la lâcheté amoureuse, l’amitié fusionnelle, la paternité. Avec un style limpide et concis, qui nous fait passer, sans prévenir, du rire aux larmes, l’auteur nous offre un agréable moment de lecture, émaillé de phrases que l’on se plaît à lire et relire.

L’auteur :

Né à Evreux en 1973, Nicolas Rey est un chroniqueur littéraire brillant et médiatique (France Inter, Canal +, etc.) Il est aussi l’un des auteurs les plus doués de sa génération. Son deuxième roman, Mémoire courte (Au Diable Vauvert, 2000) a été récompensé par le Prix de Flore. Avec son best seller Courir à 30 ans (Au Diable Vauvert, 2004), il a obtenu la reconnaissance des lecteurs mais aussi celle, unanime, de la critique. Un léger passage à vide est son cinquième livre. 

Ce qu’en pense La Vie éco :

Une pétarade de sensations fortes et d’émotions ! Se boit cul sec, d’une traite, vaillamment, comme les breuvages et autres substances que s’envoie Nicolas Rey tout au long de ces pages nerveuses, véloces, dynamiques à souhait.

«Un léger passage à vide», de Nicolas Rey, Editions J’ai Lu, mai 2011 (Première édition Diable Vauvert, janvier 2010). 157 pages. 70 DH.

Proposé par la librairie : livremoi.ma