Salon international de Tanger des livres et des arts met le cap sur la jeunesse

Le Salon international de Tanger des livres et des arts fête sa 21e édition du 3 au 7 mai, au Palais des Institutions italiennes. La présente édition, dédiée à la jeunesse, interroge la liberté et la création dans le respect de la diversité.

Le Salon international de Tanger des livres et des arts a posé ses malles au Palais des Institutions italiennes. Il y a des livres, certes, mais également des idées, de l’émotion et de la fête. Car c’est dans l’objectif du salon d’aller plus vers une célébration autour du livre et de la littérature. Une évolution dictée par les besoins de la scène culturelle, observés par les organisateurs, à savoir l’Institut français du Maroc et l’Association Tanger Région Action Culturelle.

Pour la présente édition, le commissaire du salon et directeur de l’Institut français de Tanger, Jérôme Migayrou, s’est fait aider par deux actrices culturelles : l’écrivaine Lamia Berrada-Berca et la plasticienne Rita Alaoui qui, en tant que co-commissaires invitées, ont apporté leur appui à la programmation riche et éclectique du salon.

Outre les rencontres habituelles avec les libraires, éditeurs et associations culturelles, le salon a mis l’accent sur les activités dédiées aux enfants et aux jeunes, avec une vingtaine d’ateliers. Pour les plus avertis, les actuelles préoccupations autour de la jeunesse sont au cœur des débats.

De hauts débats

L’une des tables rondes les plus vitales portait, jeudi 4 mai, sur la tentation de la radicalisation. Ce danger si abstrait, et pourtant si proche, a alimenté le débat entre le journaliste et auteur Hicham Houdaïfa, qui vient de signer sa plongée dans les milieux radicaux au Maroc, Rachid Benzine, dont le roman sur la question a fait l’objet d’une lecture spectacle un peu plus tard dans la soirée et Ahmed Ghayet qui milite pour la diversité auprès des jeunes. Une conférence dialoguée a ensuite été entreprise entre Tahar Ben Jelloun et Jean Birnbaum, auteur en 2005 de «Leur jeunesse et la nôtre. L’espérance révolutionnaire au fil des générations».

Vendredi 5 mai, une table ronde s’attaquera au digital, et à la question de l’identité numérique, de la réalité au virtuel, avec Fanny Georges, Mohammed Ennaji, Dominique wolton et Monique Dagnaud. La deuxième table ronde du jour portera sur l’éducation des jeunes dans le respect de l’autre et l’égalité entre tous avec le philosophe Vincent Cespédès, Mounia Benchekroun, l’écrivain Mohaed Nedali et le cinéaste Kamal Hachkar. Autre table ronde de la journée : «S’individuer, la construction entre conformisme et affirmation de soi», fera dialoguer le sociologue Mehdi Alioua, l’enseignante en philosophie Cynthia fleury, l’auteure Bahaa Trabelsi, Hicham Bouzid et Sanaa El Aji. Plus tard en soirée, l’écrivain Abdellah Taia dialoguera avec les jeunes Tangérois.

Les tables rondes continuent samedi 6 mai, avec pour thèmes «Engagement et création : l’art comme voix, voix de résistance» avec les auteurs David Foenkinos, Spho, Mohamed Hmoudane, Amine Hamma et Dominique Caubet, ou encore «Raconter le chemin vers l’âge adulte» avec les auteurs Marcus Malte, Reda Dalil, Mohamed Kacimi Maï-do Hamisultane et Yasmine Chami. Une conférence dialoguée fera interagir cette fois Marcus Malte et David Foenkinos. La soirée se terminera sur des lectures des Lettres à un jeune Marocain avec Abdellah Taïa, Rachid Benzine, Mhamed Hmoudane, Sanaa El Aji, Tahar Ben Jelloun et de jeune Tangérois.

Une dernière table ronde sera dédiée, dimanche, au dialogue entre la jeunesse et son époque avec Hicham Aïdi, Hicham Lasri, Karim Miské, Amina Mourid et Ahmed Ghayat.

Salon en fête

Il serait plus approprié de parler du Festival international de Tanger des livres et des arts, car il y a de la fête et du plaisir à tous les niveaux. En témoigne la liesse du public durant le concert de Hindi Zahra, ce jeudi 4 mai. Vendredi, c’est au tour des Hoba Hoba Spirit pour mettre le feu… au salon !

Une nuit du cinéma est également prévue le samedi avec des projections en boucles de films méditerranéens. A voir «A peine j’ouvre les yeux» de Leyla Bouzid, «Hedi» de Mohamed Ben Attia et «The end» de Hicham Lasri.

On attendra également samedi, pour les ateliers créatifs. Jeune ou adulte, le public aura le choix entre la bande dessinée avec Rebel Spirit, le slam avec Mustapha Slameur, l’acrobatie avec le Théâtre Darna, un jeu de société avec Youssef Hajji, l’illustration avec Anna Martinez, l’écriture avec Mohamed Kacimi, la peinture et la calligraphie avec Wei Yao, le story board avec Hicham Lasri ou encore la poésie et le polar avec Karim Miské et Mohamed Hmoudane.

Plusieurs spectacles de contes seront donnés tout au long de l’événement qui se terminera sur une note festive, avec un bal dansant.