MoMex : la musique marocaine à la conquête du monde

Mardi 6 septembre, le bureau d’export de la musique marocaine (MoMex) a été inauguré en présence du ministre de la culture, Mohamed Amine Sbihi.

Si le succès récent de la musique marocaine en Orient a de quoi griser les foules, trop longtemps en mal de reconnaissance sur le marché culturel arabe, le modus operandi de l’industrie musicale reste flou et instable. Pour s’assurer qu’il ne s’agit pas seulement d’effet de mode et pour percer davantage à l’international, le MoMex œuvre à pérenniser ce succès en garantissant une diffusion plus large et plus durable de la création musicale marocaine.

Promotion et mobilité

L’on a longtemps suspecté les artistes marocains de manquer de talent ou de créativité, au vu de la suprématie de la chanson orientale ou occidentale sur le marché local. Pourtant, de nombreuses voix dénonçaient depuis toujours l’absence d’industrie culturelle solide, avec sa machine communicationnelle et son arsenal promotionnel. Et bien qu’internet s’est taillé la part du lion des stratégies promotionnelles dans le monde aujourd’hui, rendant facile un certain accès au public mondial, il demeure indispensable de professionnaliser les canaux de diffusion, de promotion et de communication du secteur.

En ce sens, le MoMex a été créé pour accompagner non seulement les artistes, mais aussi tous les professionnels du milieu (producteurs, diffuseurs, distributeurs, tourneurs, directeurs artistiques, festivals mais aussi les maisons de disques). Relais nécessaire pour ceux qui briguent des marchés nouveaux, le MoMex se chargera, dès janvier 2017, de promouvoir les artistes marocains à travers quatre fonds : fonds à la mobilité à l’international, aide à la tournée (cinq dates minimum), fonds à la promotion sur les marchés internationaux de la musique et fonds pour la mobilité en Afrique.

Plus en amont, il veillera à organiser des formations pour les professionnels du secteur. De la création d’une pochette à la candidature pour un festival, plusieurs outils qui peuvent sembler évidents, voire banaux, le sont moins en vrai. Le bureau se dotera également d’un site web pour recenser toutes les informations sur les artistes marocains, coordonnées et disponibilités à l’appui, afin d’en faciliter le contact.

Pour s’assurer de la présence des artistes marocains dans les plus grands événements, le MoMex s’engage à participer, entre septembre 2016 et 2022, à l’organisation de plusieurs Salons (Hongrie, TIMM International Music Market au Japon…).

Brahim El Mazned, directeur

Pour diriger le MoMex, on a fait appel sans grande surprise à Brahim El Mazned. Fort de son expérience en tant que directeur artistique du Festival Timitar, mais surtout en tant que fondateur de Visa for Music, premier marché de la musique d’Afrique et du Moyen-Orient, Brahim El Mazned garantit au MoMex une présence de choix dans toutes les plateformes du marché mondial de la musique.

Le directeur n’hésite pas à citer l’exemple de la réussite de l’artiste Mehdi Nassouli, mais également celle de N3rdistan et d’autres artistes, dont la promotion professionnellement réfléchie et exécutée a donné des résultats tangibles, pour ne pas dire chiffrables.

A la question d’un curieux, relative à la musique marocaine concernée par ces faveurs, pour le moins généreuses, le directeur du MoMex explique que le bureau interviendra à la suite d’accords établis entre des artistes marocains et festivals internationaux. Ce qui veut dire en clair : toute la musique marocaine dont l’ambition de s’exporter est à l’ordre du jour. A travers ce partenariat avec la Fondation Hiba et le ministère de la culture, la Fondation OCP se place en tant que pionnière de la promotion musicale. En plus de son support permanent aux grands festivals du Royaume, l’OCP s’affirme comme acteur effectif du paysage culturel marocain n F.M.