Moins que zéro, de Bret Easton Elis

Extrait :
«Je ne veux pas de l’amour. Si je me mets à  aimer des trucs, je sais que ça va être pire, que ce sera encore une chose qui me causera du souci. Tout est moins douloureux quand on n’aime pas»

– Auteur : Bret Easton Elis, romancier américain, qui signe-là, à seulement 20 ans, le premier d’une série de sept romans.
– Edition : 10 X 18 (1988)
– Année : 1985
– Nombre de pages : 249
Prix : 88 dirhams

 

 

Les premières pages se feuillètent avec mauvaise humeur. Le roman est assez antipathique, comme les adolescents qui l’habitent. Clay et ses potes se ressemblent tous, ils pourraient tous s’appeler Clay, Blair, Joan ou Julian, ou même porter des matricules, tant ils ont l’air de sortir d’une usine d’assemblage de zombies. Invariablement blonds et bronzés, ils plongent, matin et soir, dans le même ennui abyssal, les mêmes fringues de luxe, les mêmes décapotables, les mêmes bassines de vodka, les mêmes sachets de coke. Cette triste uniformité s’applique aussi aux parents, accablés par les montagnes de fric à amasser et à tout de suite dépenser chez le psychiatre. Après quelques chapitres, l’exaspération se mue en compassion pour cette jeunesse vide, dorée mais en toc, qui crie son indigence.