Les réseaux sociaux ont démontré durant l’année 2011 l’étendue de leur potentiel médiatique

Entretien avec Mehdi Reghaï, Responsable communication Maroc Web Awards.

Les Maroc Web Awards, c’est la grand-messe annuelle d’Internet, qui, pour sa cinquième édition, revient sous de nouveaux atours, le 28 janvier au théâtre Mohammed VI de Casablanca : Élargie à tout le web plutôt qu’à la seule blogosphère et forte de partenaires aussi solides que Maroc Télécom, Nokia ou encore Microsoft. Mehdi Reghaï, responsable communication de l’événement, nous parle ici de ce qu’il appelle «le pèlerinage électronique des acteurs web marocains».  

Les Maroc Web Awards en «courbes de trafic» ?

En termes de chiffres, les Maroc Web Awards ont comptabilisé plus de 2 000 blogs proposés durant les 4 dernières éditions dans près de 20 catégories différentes. Plus de 33 000 votes ont été enregistrés, rien qu’en 2010, alors que le nombre de votes acceptés–après modération– lors des trois premières éditions s’élevait à 19 600 votes. Les sites web officiels ont comptabilisé en moyenne plus de 70 000 sessions et 130 000 pages vues par an, et près d’une trentaine d’artistes ont animé les différentes soirées de remise des prix. Un bilan extrêmement positif donc.

Quelles sont les nouveautés de cette année ?

Outre le changement de nom et d’identité visuelle, les nouveautés de cette édition ont touché autant le fond que la forme. Plusieurs nouvelles catégories – dont certaines complètement inédites – ont été mises en place. Le système de nomination et de vote a été revu, devenant plus robuste et plus sécurisé. Et la programmation artistique de la soirée sera complètement remaniée. Que de bonnes surprises, espérons-le, en perspectives.

Pourquoi avoir opté pour l’élargissement à tout le Web alors qu’avant, on se focalisait sur la blogosphère ?

Déjà, il est de plus en plus difficile de définir clairement la frontière séparant les blogs des autres supports de publication sur Internet. Si les caractéristiques d’un blog sont par exemple la simplicité d’utilisation, la rapidité de publication, l’ordre anti chronologique des articles, l’importance des supports multimédia et l’interaction avec les lecteurs via les commentaires, les réseaux sociaux (Facebook et Twitter), les portails d’information et les magazines web permettent de faire la même chose, avec souvent un impact plus important et immédiat sur les lecteurs.
Les réseaux sociaux ont démontré durant l’année 2011 l’étendue de leur potentiel médiatique, au Maroc comme un peu partout ailleurs dans le monde. Plusieurs idées innovantes marocaines ont vu le jour et ont été acclamées par les internautes et les professionnels du web. De plus en plus de jeunes créatifs (photographes, illustrateurs, cinéastes en herbe…) choisissent de partager leurs œuvres sur la toile. En combinant tout ceci, il était clair qu’il fallait se défaire du nom restrictif des Maroc Blog Awards, rêver plus grand et évoluer vers un concours qui récompenserait autant les professionnels que les amateurs du web.

Est-ce le signe que la Blogoma entame son déclin ?

J’évite personnellement d’utiliser le terme Blogoma, puisque la communauté qu’elle réunit (en quelque sorte les vétérans du web marocain) est loin d’être représentative de la richesse de la Toile nationale.
J’éviterais également de parler de déclin puisque le milieu du web est extrêmement évolutif, et le changement que connaissent les Maroc Web Awards n’est que l’évolution logique d’une compétition qui vise à récompenser le meilleur, tous genres confondus.
Donc non, la communauté marocaine ne vit pas son déclin, bien au contraire, elle ne fait que muer pour gagner en richesse, en nombre et en maturité.