Festival international du film documentaire à  Agadir : Sur la route du documentaire

Jusqu’au 28 avril, le cinquième Festival international du film documentaire à  Agadir (Fidadoc) promet une programmation riche autour du cinéma documentaire. La carte blanche est donnée au producteur syrien Orwa Nyrabia, entre autres.

Le cinéma est un langage universel. Plus qu’une affirmation, le Festival international du film documentaire à Agadir le confirme par une cinquième édition riche en couleurs. Organisatrice de l’événement, l’Association de culture et d’éducation par l’audiovisuel (ACEA) veut en faire une plate-forme internationale qui rapproche professionnels, journalistes, producteurs et fervents passionnés. Le but étant d’inscrire la réflexion et le travail documentaire dans une certaine continuité, l’ACEA consacre cette année une grande partie à des programmes thématiques pour l’éducation à l’image.

Hommage à la Syrie

Cette semaine, Agadir vaut le détour. Loin du folklore et des clichés touristiques sur la ville, vous sortirez certainement avec de nouvelles idées si vous prenez part aux projections, débats et formations gratuites du FIDADOC. La compétition internationale verra la participation de jeunes documentaristes venus de plusieurs pays aux côtés de réalisateurs marocains, novices en majorité mais tout aussi passionnés les uns que les autres.

L’hommage sera rendu à la Syrie, en ayant une pensée à tous les cinéastes et les producteurs qui se sont engagés contre le régime de Bachar Al-Assad et en faveur d’une Syrie démocratique. Orwa Nyrabia en fait partie. Producteur, cinéaste et documentariste, il a effleuré la mort dans les geôles de Damas, a connu l’enlèvement par les mercenaires du pouvoir baathiste, l’horreur de la torture et les conditions de détention dans les prisons du régime syrien. Orwa Nyrabia est surtout co-fondateur du Festival international documentaire DOX BOX, qui se tient en Syrie mais qui est suspendu depuis 2011, au lendemain des protestations dans le pays et de l’offensive armée du régime en place. Tentant avec brio d’assurer la continuité de ce festival, plusieurs villes dans le monde en accueillent les projections de films, dont Rabat en mars dernier et Agadir dans le cadre de son actuel FIDADOC.

Dans la même lignée, on ne peut pas parler de l’évolution du cinéma documentaire sans évoquer l’œuvre de la réalisatrice Nouzha Drissi. D’ailleurs, c’est grâce à son initiative que le documentaire rassemble aujourd’hui des personnes de différents horizons à Agadir. Décédée en décembre 2011 à la suite d’un accident de la route, elle est encore de ce monde à travers son engagement pour une éducation cinématographique constructive. Son cercle d’amis, de proches et de passionnés, parmi les petites mains qui travaillent dans l’ombre de l’ACEA, se sont donné le créneau de l’immortaliser en continuant l’aventure du FIDADOC, dans l’esprit ambitieux d’une ruche d’abeilles où l’activité est le maître-mot.