Festival international du film de Marrakech : plus qu’une compétition

La 18e édition du FIFM s’est clôturée ce samedi 7 décembre. La compétition officielle a couronné «Valley of souls» du réalisateur colombien Nicolas Rincon Gille. Le cinéma marocain s’en porte bien.

Le palmarès de la 18e édition du Festival international du film de Marrakech est aujourd’hui connu de tous. L’Etoile d’Or de Marrakech a été attribuée au film «Valley of souls» du réalisateur colombien Nicolas Rincon Gille. Le Prix du jury est revenu ex-æquo au film «Last Visit» du réalisateur saoudien Abdulmohsen Aldhabaan et au film «Mosaic Portrait» du réalisateur chinois Zhai Yixiang. Le film «Tlamess» du réalisateur tunisien Ala Eddine Slim a décroché le Prix de la mise en scène et les Prix d’interprétation sont revenus à l’acteur australien Toby Walace dans «Babyteeth» et aux actrices britanniques Nichola Burley et Roxanne Scrimshaw dans «Lynn + Lucy».

S’il est vrai que le cinéma marocain, à travers le film d’Alae Eddine El Jem, n’a pas été couronné, il n’en demeure pas moins que la représentation marocaine, dans la compétition officielle, dans le panorama marocain ou dans les séances gala et hommages, a été satisfaisante, pour le public présent ainsi que pour les professionnels participants.

En outre, la deuxième édition des Ateliers de l’Atlas, organisés pour supporter le cinéma marocain et africain et du Moyen-orient, avec la participation encourageante du géant Netflix, ne fait que confirmer la vision récente du festival qui, plus qu’une compétition, se veut une locomotive du cinéma national.

Les films marocains

Des larmes, des sursauts et beaucoup de rires. C’est le lot des films marocains qui, dans l’ensemble cette année, se démarquaient par une certaine qualité et une diversité certaine. Si l’on avait déjà eu vent du film «Adam» de Meriem Touzani, passé sur les écrans du Festival de Cannes, l’on a pu le découvrir à Marrakech lors d’une séance de gala, avec les plus grands films du moment, ce qui est une récompense en soi pour le premier long métrage de la jeune réalisatrice. «J’ai vu un grand cinéma et beaucoup de sensibilité dans ‘‘Adam’’», en témoigne l’actrice hommagée Mouna Fettou. Un grand moment d’émotion a été également rapporté lors de la projection du film de Kamal Hachkar «Dans tes yeux, je vois mon pays», dans lequel il suit le retour de la chanteuse israélienne d’origine marocaine Neta Elkayem sur les pas de ses aïeux. Après le fameux «Tinghir-Jérusalem», le réalisateur a travaillé sept ans sur ce nouveau documentaire qui reprend, sans les répéter, des idées et des messages du précédent. Alae Eddine El Jem est le réalisateur de «Sid Al Majhoul», ou «Le miracle du saint inconnu». Avec un pitch original et prometteur, la salle pouvait difficilement contenir le public présent. Sensible mais surtout curieux du cinéma national, le public s’est laissé séduire par la vision nouvelle du réalisateur et la fraîcheur du scénario. Même si l’on avait l’impression d’être resté sur sa faim, tant il y avait encore beaucoup à dire sur le sujet, le film s’est tout de même distingué par une certaine vivacité et truculence dans les situations et les gags, couronnant le premier bébé du réalisateur par un succès populaire qui va assurément se confirmer dans les mois à venir.

Les Ateliers de l’Atlas

Pendant quatre jours, les Ateliers de l’Atlas ont accueilli, avec le soutien de Netflix, 270 professionnels internationaux pour développer et promouvoir des films marocains, arabes et africains. Il s’est agi d’échanger autour de tables-rondes diverses, portant un éclairage plus particulier, cette année, sur l’écriture du cinéma de genre. Sur 130 candidatures, 28 projets, en développement ou post-production, ont été sélectionnés dont 13 réalisateurs marocains et 14 pays représentés, parmi lesquels certains sont très rares à l’écran (Tanzanie, les Comores, Djibouti, Mozambique).

Le showcase des Ateliers a permis de dévoiler les premières images des nouveaux films de trois cinéastes devant trente directeurs et programmateurs de festivals (Cannes, Venise, Toronto, Locarno, Sundance, KarlovyVary, El Gouna, IDFA, Nyon, Le Caire, etc.). En parallèle, six projets marocains ont participé au nouveau programme de mentoring Regards sur l’Atlas. Et l’aventure continue !

Lire aussi :        FIFM 2019 : Entretien avec Atiq Rahimi, Ecrivain et réalisateur