Enquête policière dans l’Iran des ayatollahs

à€ la veille de l’élection de Mahmoud Ahmadinejad, le corps sans vie de l’ayatollah Kanuni, magistrat influent et corrompu, est retrouvé dans son bureau par Leila Tabihi, une féministe islamique candidate aux présidentielles, et Narek Djamshid, un ami journaliste français d’origine iranienne fraîchement débarqué dans son pays natal pour réaliser un reportage sur les événements politiques actuels.

Extrait :

«Il y avait peu de chance que le conseil des gardiens de la Constitution l’autorise d’ici le 17 juin à participer aux élections. Huit ans auparavant, lorsqu’elle avait cherché à présenter sa candidature pour la première fois, les membres du conseil l’avaient rejetée, prétextant qu’elle n’était pas un “rejal”, un “expert” ou une “personnalité”, tel que le prévoyait la Constitution. Ils refusaient en réalité d’entériner une candidature féminine aux présidentielles, jouant sur l’ambiguïté du terme rejal, réservé aux hommes».

En quelques mots :

À la veille de l’élection de Mahmoud Ahmadinejad, le corps sans vie de l’ayatollah Kanuni, magistrat influent et corrompu, est retrouvé dans son bureau par Leila Tabihi, une féministe islamique candidate aux présidentielles, et Narek Djamshid, un ami journaliste français d’origine iranienne fraîchement débarqué dans son pays natal pour réaliser un reportage sur les événements politiques actuels.
Simple revanche des Moudjahidin du peuple ? Affaire privée, politique ou financière ? La victime est-elle un dommage collatéral dans la lutte sans merci que se livrent les ayatollahs pour diriger les fondations pieuses du pays, et embrasser le pouvoir absolu qui accompagne cette position ?
Au-delà d’une énigme bien ficelée et des personnages complexes, ce roman réalise l’exploit de montrer l’Iran sous un nouveau jour : on y découvre que les mollahs sont des hommes d’affaires comme les autres, mais aussi que la boisson préférée de la jeunesse iranienne est le Parsi Cola ! On en apprend également plus sur la répression sanglante qui a entouré l’instauration de la République islamique, et en filigrane les raisons qui ont permis l’accès de Ahmadinejad au pouvoir. Dans ce roman surprenant, la littérature iranienne se révèle dans un genre inhabituel, et en profite au passage pour briser en beauté les clichés coutumiers sur l’Iran actuel.

L’auteur :

Née à Téhéran de parents arméniens, Naïri Nahapétian a quitté l’Iran après la Révolution islamique, à l’âge de 9 ans. Elle y revient régulièrement pour le compte de périodiques français. Qui a tué l’ayatollah Kanuni est son premier roman.

L’éditeur :

Les Éditions Liana Levi sont une maison d’édition française indépendante fondée en 1982, qui publie une trentaine de titres par an, répartis en six collections (plus une collection d’une dizaine de titres en format poche, créé en 2002 sous le nom de «Piccolo»). Elles publient notamment Milena Agus, Andreï Kourkov et Iain Levison.

«Qui a Tué l’Ayatollah Kanuni», Naïri Nahapétian, Edition Liana Levi, Janvier 2009, 288 pages, 220 DH