Enfin, ces Assises tant espérées de la Culture…

Les premières Assises des industries culturelles et créatives auront lieu les 4 et 5 octobre 2019 à Rabat. Organisé par le ministère de la culture et la Fédération des industries culturelles et créatives de la CGEM, l’événement devra fédérer les professionnels du secteur autour de son devenir.

Assises culture
Assises culture

Cela fait un moment que les professionnels de la culture et des métiers créatifs appellent à l’organisation des Assises de la culture. La nécessité d’organiser le secteur, de lui venir en aide et d’établir une vraie politique culturelle sont autant de besoins qui revenaient fréquemment dans les revendications des professionnels de la culture. Le ministère de la culture a finalement répondu affirmativement à la requête, portée par la Fédération des industries culturelles et créatives. Ce sera les 4 et 5 octobre au Sofitel de Rabat.

Ces Assises de la culture vont donc réunir, autour d’une table, toutes les parties prenantes de l’action culturelle au Maroc. En plus des représentants du ministère, la FICC invite les entrepreneurs du secteur, dans les 7 filières organisées : arts visuels et contemporains, musique, spectacle vivant, édition et librairie, cinéma, audiovisuel, établissements culturels et espaces pluridisciplinaires. Représentativité respectable.

Etat des lieux

Une prise de conscience générale émerge aujourd’hui autour de l’importance des arts et de la culture au Maroc. A l’image de tous les autres secteurs, la culture est désormais reconnue comme génératrice de PIB et pas des moindres. L’on entend souvent revenir les mêmes exemples qui dévoilent des chiffres supérieurs à ceux de l’industrie automobile en Europe : de quoi faire rêver artistes et businessmen…

Les défenseurs du patrimoine national ne peinent pas, non plus, pour souligner la haute considération dont jouit le Maroc à cet égard. Le développement muséal actuel peut en attester pleinement. La vitalité de la scène contemporaine et le potentiel créatif national sont pareillement étayés par des résultats probants évidents.

En outre, l’évolution de l’événementiel culturel et le développement territorial qui s’ensuit installe définitivement la culture comme support et levier du développement économique, social et sociétal, sans oublier le rayonnement culturel du pays, qui le place parmi les pôles les plus sécurisés et attractifs de la région. Il ne manquait que réunir tout ce beau monde autour d’une table de discussions et de débats autour du devenir du secteur et des responsabilités de chacune des parties prenantes.

Action !

«Etablir une feuille de route constructive et collaborative favorisant l’émergence d’une industrie culturelle et créative génératrice de revenus, de valeur et d’emplois à travers l’ensemble de nos régions», nous dit-on dans le communiqué de presse des Assises de la culture. Si l’objectif semble trop ambitieux, il est loin d’être irréaliste. La réunion des professionnels de la culture avec les acteurs publics et privés est à même d’accélérer un processus déjà en cours de collaboration et d’investissement dans la culture. Un éclairage d’ensemble et l’établissement des bases d’une politique culturelle remédieront au tâtonnement aléatoire et hasardeux des bonnes volontés, évitant ainsi une déperdition d’énergie et de moyens.

Après une séance plénière d’ouverture officielle, autour des thématiques concrètes à propos des enjeux et des moyens du développement des ICC au Maroc, cinq panels traiteront des questions prioritaires à ce stade. Des intervenants de haut niveau traiteront: «La richesse des identités culturelles, un capital à valoriser», «L’écosystème culturel en quête d’évolution», «Les synergies et l’inclusion en tant que leviers d’une nouvelle vision stratégique», «La culture, source d’équité, de modernité et de durabilité» et «Les opportunités de marché pour les arts et la culture au Maroc».
Il sera alors question de faire un état des lieux critique, mais constructif, et d’apporter des recommandations concrètes basées sur les synergies possibles, pour créer un environnement favorable à l’émergence d’industries culturelles et créatives, efficientes et productives. En espérant que tout cela donnera lieu à une action concrète et ne finira pas en dossier classé dans les tiroirs du ministère…