Deuxième édition du Salon du cheval d’El-Jadida : 150 000 visiteurs sont attendus

Le Salon du cheval revient à  El Jadida du 21 au 26 octobre avec plus de couleurs, d’originalité et d’émotion.
L’événement sera l’occasion de mettre en scène le fleuron de l’élevage marocain.

L´hippodrome Princesse Lalla Malika se prépare à recevoir des hôtes de qualité. Des chevaux de race : barbe, pur-sang arabe, anglo-arabe et chevaux de sport seront à l’honneur. Au total, plus de 600 montures pour éblouir les regards. 72 exposants professionnels entre institutionnels, privés et internationaux participeront à l’évènement. Le salon, organisé par l’Association du Salon du cheval et placé sous la tutelle du ministère de l’agriculture, se bonifie.
«Les superficies ont été augmentées de 50% par rapport à la première édition», annoncent les organisateurs. Neuf hectares pour accueillir plus de monde et pour une plus grande diversité. Car la manifestation se veut avant tout populaire. A 10 DH l’entrée pour les adultes et 5 DH pour les enfants, elle mise aussi sur la variété artistique traditionnelle.
Les plus beaux spécimens  d’étalons seront présents à cet événement. Une centaine seront exposés. Les dresseurs de chevaux s’y préparent depuis quelque temps déjà. Le cheval barbe s’habille pour la fantasia. Les beaux chevaux sont à l’honneur. On fait briller les robes, on brosse, on cajole…des allures de fête s’emparent des différents clubs participants. Les cavaliers doivent rivaliser d’habilité, d’audace et de vitesse. Car, pour la première fois, un concours international est programmé. Ils sont marocains, hollandais, qataris, espagnols, égyptiens, français, portugais… et ont en commun la passion des chevaux.
Lorsque viendra le temps des jeux, chacun devrait tenir sa bride ou la lâcher. Au final, sport en perspective et spectacles à couper le souffle…
 Malgré une distance entamée entre l’homme et le cheval depuis l’ère de l’industrialisation, les chevaux continuent de séduire. La preuve : le Salon du cheval a attiré l’année dernière, lors de sa première édition, 110 000 visiteurs. Cette année, les organisateurs tablent sur une présence de 150 000 personnes.  
L’intelligence, les capacités de communication, les caractéristiques et les comportements de cet animal qui chemine avec l’homme depuis des millénaires continuent d’impressionner et de fasciner. Le cheval est toujours présent dans notre vie, à travers la poésie, les danses populaires, la peinture… L’animal a de tout temps séduit. On imite son galop, on l’enfourche, on lui parle et «il répond à la parole». L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux ce n’est pas que du cinéma.
Mustapha, dresseur de chevaux à Casablanca, le fait tous les jours. Et son cheval le lui rend bien. «Je parle à mes chevaux et ils comprennent. Quand je dis : au pas, il exécute. Je dis galop, il part au galop, il trotte quand je le lui demande, un cheval réagit aussi aux mots. Mais à chaque fois il faut le caresser. C’est ça le secret du dressage».
Mustapha est né dans un club équestre. Il a appris à parler aux chevaux très jeune. Il tient son métier de son père. A l’heure où l’on parle de plus en plus d’équitation éthologique (méthode de dressage qui favorise les comportements naturels, le plaisir, l’improvisation et le jeu), au Maroc, cet enseignement pédagogique existe depuis toujours. Nos ancêtres, fins connaisseurs de la chose, maîtrisaient déjà, à leur époque, le langage des chevaux. Ils savaient bien qu’il fallait utiliser la douceur et l’écoute. «Il ne faut jamais user de la force avec un cheval. Avant de le dompter, il faut essayer de le comprendre, c’est comme les êtres humains, les chevaux ont du caractère. Ils sont tous différents les uns des autres».
Meilleure façon de communiquer au début du dressage : utiliser le langage du touché. «Le dresseur doit avant tout caresser son cheval, suivre son rythme… Serrer les doigts, se redresser, augmenter la tension au niveau des jambes…, autant de mouvements auxquels l’animal répond». Si Mustapha est tombé très tôt dans le monde équestre, il a aussi appris à être patient.
«Le dressage ne se fait pas avant deux ans et demi. On apprend d’abord à l’animal de répondre à la voix. Ce qu’il faut surtout retenir c’est qu’il ne faut jamais faire sauter un cheval avant l’âge de 4 ans, sinon on risque de casser sa  croissance». La délicatesse, le cheval n’entend que ça, n’attend que ça. Pour aller encore plus loin dans ses rapports avec cet animal, l’homme a inventé des jeux ludiques.
Pour Benabdi Mohamed, ce n’est pas un simple caprice. C’est une façon de vivre.
Son cheval beldi (pour désigner le barbe) est son meilleur ami, son fidèle compagnon qui le suit partout. Ils se préparent à deux pour les spectacles de la tborida, revêtent leurs plus beaux habits. Une complicité qui dure depuis toujours. «Pour entraîner un  cheval à tborida, on l’entrave pendant quelques temps, bien avant de le monter. Ensuite, il faut savoir lui parler. Les liens que l’homme tisse avec cet animal sont irréductibles».