Deep Purple : « Attendez-vous à  une explosion d’énergie le 30 mai ! »

Ils ont résisté à  tout : aux années, aux excès et à  l’ennui, aux séparations et à  la concurrence… Rien, décidément, n’aura raison de Deep Purple, increvables bêtes de scène. Pour leur nouvel album «Now what ?!», sorti en avril, les pères du hard rock reviennent aux fondamentaux.

Oyé festivaliers et festivalières, préparez-vous à un ouragan musical jeudi 30 mai à 22 heures sur la scène OLM-Souissi de Mawazine ! Deep Purple, la formation mythique d’infatigables hard rockers créée en 1968, vous promet beaucoup de bonheur et, en bonus, trois ou quatre morceaux de leur nouvel album Now What.

Parlez-nous tout d’abord de votre nouvel album, «Now what ?!», sorti en avril dernier.  

Décrire la musique est très délicat. Nous n’avions pas fait d’album depuis 2005, année de la sortie de Rapture of the Deep. Quand, lors de notre tournée de 2012, nous avons rencontré Bob Ezrin au Canada [Leur producteur, très respecté pour son travail, notamment avec Alice Cooper, Kiss et Pink Floyd, ndlr], il nous a rappelé quelques petites choses que nous avions peut-être un peu oubliées. D’abord, que Deep Purple était avant tout un groupe instrumental. Bob nous a ainsi conseillé de nous concentrer sur la musique davantage que sur les paroles, de renouer avec l’esprit d’improvisation sur scène, notre atout des tous débuts, des années 1968-1970, quand nous imaginions et jouions chaque soir des variations différentes, inédites autour d’une même chanson… Ce nouvel album est donc un retour aux fondamentaux, une sorte de renaissance pour nous. Vous verrez, la musique est fantastique, il s’agit là du meilleur des sons que nous ayons produit en quarante-cinq ans de carrière, j’en suis intimement persuadé.

Écouterons-nous quelques-uns de ces fantastiques morceaux le 30 mai à Rabat ?

Très certainement ! Nous en jouerons trois ou quatre. Mais je ne sais pas encore lesquels. Le Maroc sera la toute première date de notre tournée. À mon avis, notre choix se fera dans l’avion à destination de Rabat, ou alors une heure avant le concert, comme de coutume chez nous (rires).

Quels ont été, selon vous, les moments  les plus importants de l’histoire de Deep Purple ?

Je repense à tous les événements marquants qui ont émaillé les quarante-cinq dernières années… Comme dans toute grande famille, des mariages, des divorces, des naissances, des décès, des vacances, des fêtes… C’est incroyable, ce qu’on a pu vivre ensemble ! Mais pour moi, le moment le plus fantastique, le plus déterminant dans ma vie, restera toujours pour moi ce fameux soir où j’ai fait mon premier show à Londres avec Deep Purple, en août 1969.

Quand et comment avez-vous su que vous seriez musicien ?

Mon grand-père était chanteur d’opéra, mon oncle était pianiste de jazz… Enfant, j’ai fait partie d’une chorale d’église… La musique a toujours existé dans ma vie. Et puis j’ai écouté Heartbreak hôtel, [chanson d’Elvis Presley sortie en 1956, ndlr]… À l’époque, j’étais… jeune, très jeune ! (rires). Puis, quand j’ai quitté l’école, j’ai fondé un premier groupe et passé quelques années, jusqu’en 1965, comme musicien semi-professionnel, à apprendre et à aimer chaque minute de musique… En 1969, j’ai intégré Deep Purple et j’y ai trouvé ma voix/voie, comme chaque membre du groupe.

Qu’écoutez-vous à la maison ?  

Beaucoup de Duke Ellington, de Ray Charles, l’album Pet sounds des Beach boys, j’adore cet opus. Je pense qu’on ne perd jamais l’affection, l’amour éprouvé pour une musique qu’on a écoutée durant sa jeunesse.

Quels sont pour vous les talents musicaux d’aujourd’hui ?  

(Embarrassé)… Il y a énormément de talents, c’est sûr… Mais je ne sais pas… On ne sait jamais comment un jeune artiste pourrait évoluer… C’est dur de répondre à cette question.

Trouvez-vous du temps pour lire ?

Oh, tout le temps ! En ce moment, je suis en train de lire L’histoire de la philosophie occidentale (1945), de Bertrand Russell, voilà un livre fantastique, une pensée très claire, très précise. Un autre petit livre dont je raffole : Flatland (1884) d’Edwin Abbott, dans lequel des figures géométriques, comme le carré, le point, la ligne ont des habitudes, des croyances, des certitudes, une conscience… Je vous recommande très fortement aussi un de mes romans préférés : La constance du jardinier (2001), un thriller du Britannique John Le Carré sur les tests de médicaments en Afrique noire.

Revenons à la musique. Est-ce votre première fois au Maroc ?

Oui, c’est la première fois que Deep Purple vient au Maroc. Et ce sera ma première fois à Rabat, car je suis déjà venu à Marrakech avec ma femme, pour des vacances… fantastiques ! J’adore votre pays, ses gens que je trouve accueillants, très amicaux… Les odeurs, les saveurs, la cuisine, le soleil (évidemment !)

Qu’aimeriez-vous dire à vos fans marocains qui vous attendent ?

Nous sommes très excités à l’idée de venir vous voir ! Nous avons joué dans tellement de pays (48 l’année dernière)… Nous sommes quasiment tout le temps sur scène mais nous ne sommes encore jamais venus au Maroc, alors qu’on nous en dit énormément de bien depuis pas mal de temps… Ah ! Autre chose : nous nous sommes bien reposés ces derniers jours. Attendez-vous donc à une explosion d’énergie le 30 mai, ça je peux vous l’assurer ! Nous sommes très impatients d’y être.