«Caftan», deux décennies de création…

La vingtième édition de l’évènement «Caftan» a eu lieu le 16 avril à Marrakech. Pour son vingtième anniversaire, le caftan s’est mis en beauté pour un show exceptionnel.

Dans le cadre fastueux du Palmeraie Golf Palace, les amoureux du caftan se sont retrouvés pour célébrer les vingt années de l’événement phare de la mode au Maroc. Caftan, initié par Femmes du Maroc, a eu le succès escompté samedi 16 avril, sous le thème «Costumes éternels», pour raconter l’histoire de cet accoutrement ancestral.

Dans sa locution, la ministre de l’artisanat, Fatima Marouan, a exprimé sa fierté en tant que femme et en tant que ministre de l’artisanat de l’envergure que prend l’événement Caftan. «Moteur de développement des métiers traditionnels, Caftan est assurément un partenaire privilégié de la promotion de l’artisanat au Maroc», affirme-t-elle. Et d’ajouter : «Nous avons des perspectives communes pour valoriser le produit marocain à l’étranger».

L’épopée d’un costume

Pourquoi raconter l’histoire du caftan ? Parce qu’il a connu autant de vies que d’influences. Depuis l’étoffe héritée des traditions orientales, au cœur de l’Asie centrale, enrichie d’influences ottomanes et andalouses, jusqu’au costume identitaire actuellement adopté au Maroc, le caftan a beaucoup voyagé. Il a mûri en traversant les mers et les siècles, en se chargeant de pratiques séculaires et de significations profondes. Lorsqu’il débarqua au Royaume, le caftan fut d’abord réservé aux hommes. Et non des moindres, puisque seuls les Sultans y avaient droit. Avec l’épanouissement du commerce international, les milieux bourgeois se le sont approprié et en ont fait un habit de femme, dans lequel s’exhibait la richesse et le rang social de toute la famille.

Aujourd’hui encore, le caftan continue à revêtir une valeur particulière, même si sa démocratisation en a fait un costume traditionnel de tous les événements. La fluidité et l’adaptabilité de ses formes en ont fait un objet fascinant, léger et non moins glamour que les produits de la haute couture française. «Le caftan séduit du Moyen-Orient jusqu’aux Etats-Unis. Avant, nous essayions d’occidentaliser le caftan. Maintenant, de l’autre rive, on essaie de marocaniser la robe», explique le styliste Albert Oiknine.

Treize femmes et un homme

Si lors des premières éditions de Caftan les stylistes hommes se bousculaient sur le podium, les toutes récentes éditions connaissent un retour en force de la création féminine. Aux côtés du créateur rbati, Abdelhanine Raouh, qui a investi ses efforts pour apporter du volume à l’étoffe aérienne, elles étaient treize femmes à rivaliser de génie et de création tout en respectant les lignes traditionnelles du caftan, pour rester dans la thématique de l’événement. Une marge de liberté s’est ressentie dans le choix des tissus, des broderies et perlages, puis à la fin de chaque collection avec une tenue nettement plus affranchie des codes stricts du caftan. Elles sont jeunes et presque provenant d’horizons professionnels divers. De la comptable statisticienne à la pharmacienne, en passant par la gestionnaire, la littéraire, la juriste, la femme d’affaires…, l’on est loin du profil traditionnel de la styliste du caftan. Dans sa déclaration à la MAP, Fouzia Naciri, fondatrice de la maison de haute couture «L’Atelier du caftan» et participante à Caftan 2016, a souligné que, «parfois, on a presque envie de dire que chaque femme marocaine est capable de créer son propre caftan. Elle est à la recherche de matériaux de qualité et d’un travail bien fait, comme les belles finitions pour aboutir à une silhouette épurée, allongée et en parfaite harmonie avec le caftan qu’elle porte».

Un show époustouflant

Caftan a mis le paquet pour ses vingt ans. Demandez donc à Steven Seagal, invité surprise de l’édition 2016 ! Il a pu voir sur scène la magistrale prestation de la star Samira Saïd qui a interprété deux de ses plus grands succès du moment. La diva, qui dit suivre Caftan depuis l’Egypte, depuis à peu près cinq ans, a assuré avoir toujours plusieurs caftans dans sa garde robe, en rappelant qu’elle en est une fière ambassadrice aux différents rendez-vous internationaux.

L’une des belles découvertes de cette édition, c’est le retour de Bachir Abdou sur scène avec  sa chanson à succès Ounta Dayez qui, grâce à une rencontre heureuse avec le jeune musicien Hamid Daoussi, a retrouvé un éclat certain qui ne passera pas inaperçu.

Les prestations des artistes ont particulièrement été magnifiées par les tableaux de la chorégraphe Malika Zaïdi qui accompagne Caftan depuis quatre ans. L’artiste s’est réjouie de décrire cette belle expérience, engageant trente danseurs venus de partout. «Je crois que j’ai percé le budget. Parce que trente danseurs c’est à peu près cent cinquante costumes. Mais le résultat vaut la peine et tout le monde est content». De l’esprit Western au cirque mongol, les danseurs se sont surpassés à chaque numéro, dans des scénographies aussi belles que différentes. Un résultat que les organisateurs s’évertueront à surpasser à la prochaine édition de Caftan.