Au festin des lecteurs

Du 30 avril au 4 mai dernier, lors du salon du livre de Genève, le Palexpo de la capitale suisse a été pris d’assaut par des lettrés de tout bord venant célébrer le livre et la littérature.

Flâner au Salon du livre de Genève, c’est croiser Luc Ferry en train de déconstruire l’amour, le couple, l’au-delà et la morale, entendre Tariq Ramadan prôner celle-ci… C’est prendre place au café littéraire pour entendre dialoguer les éditeurs indépendants suisses, ou se laisser captiver par une lecture de poésie arabe non loin d’un bistrot libanais. C’est carrément se laisser tenter par un cours de yoga sur l’espace dédié au «Moi».

Le Salon du livre de Genève ce sont dix grandes scènes, dix grands prix, 800 maisons d’édition, 850 auteurs et 2 223 animations. Autant dire un festin pour les bouquineurs invétérés.

L’édition suisse

L’une des premières choses qui vous frappent, c’est le goût des auteurs suisses pour les polars et les thrillers. Pas un éditeur qui ne vous propose un «bon policier», plein de rebondissements. Qui eut cru que dans ce parfait paysage de carte postale, les intrigues policières pouvaient nourrir ainsi les imaginaires? L’un des importants espaces du salon portait, d’ailleurs, le nom de La scène du crime.

Si les auteurs suisses n’arrivent pas souvent à s’affirmer sur la grande place de la francophonie, c’est d’abord en raison «du faible lectorat francophone en Suisse, qui est, de plus, submergé par les grandes maisons d’édition françaises. nous ne vivons pas de cela, cela s’entend. Nous avons tous des métiers à côté», confie un éditeur suisse.

Et d’ajouter : «Nous faisons cela par amour et nous publions entre six et huit livres par année». Une déclaration qui n’est pas sans rappeler la situation de l’édition marocaine francophone et de ses difficultés expliquées par l’éditrice Leila Chaouni au stand des Cultures arabes.

Les arabes en vogue

Exotique? curieuse ou tout juste actuelle ? La littérature du monde arabe a accaparé la programmation du Salon. Bien plus que le Japon, invité d’honneur, le stand des Cultures arabes ne désemplissait pas, en partie, grâce à la programmation de l’acteur culturel Younes Jerrai. Côté Maroc, le Salon du livre de Genève a connu la participation d’Abdellatif Laâbi, Kebir Ammi et Tahar Ben Jelloun, dont L’Ablation a fortement suscité l’intérêt des dames…

Le salon a également reçu le grand Waciny Laredj et la si connue Ahlem Moustaghenmi. Côté Égypte, Gamal Ghitany continuait de défendre les couleurs de son pays et de supporter, la tête haute, le dénigrement des pro-frères musulmans. Du Liban, Hanan Al-Shaykh a fait une lecture de sa propre réécriture des Mille et une nuits, pour attiser la curiosité et le charme qui planait sur le stand arabe durant les cinq jours du salon.