Amir Haddad : «Nous pouvons changer le monde»

Amir Haddad, fierté française lors du concours Eurovision, a interrompu sa tournée pour participer au Concert pour la Tolérance.

Est-ce la première fois que vous chantez au Maroc ?

Oui, absolument. Mais j’ai chanté plusieurs fois sous la douche, à Tanger, quand j’avais quinze ans. Ma mère est marocaine et mes grands-parents sont nés à Ksar El Kébir. Je suis venu une seule fois au Maroc, mais depuis mon jeune âge, on parle marocain à la maison, on mange marocain, on garde la tradition marocaine aussi. Moi dans mon mariage, on a fait une henna. C’est un plaisir pour moi de me retrouver dans cette ambiance marocaine, surtout qu’il fait beau, alors qu’il faisait gris à Paris. Il y a tous les ingrédients pour être heureux et on fait un concert pour une très belle cause.

Vu de France, est-ce que le Maroc vous semble un exemple de tolérance ?

Absolument. Moi quand j’entends parler du Maroc autour de moi, c’est une destination fabuleuse où les gens sont bons. On y vit bien. On est ouvert. Ce n’est pas un pays où l’on est rigoureux religieusement, mais qui respecte sa tradition, tout en s’ouvrant sur les étrangers et ça me fait plaisir.

Quelle est la raison de votre participation à ce concert ?

Je vous avoue qu’au départ, on m’a parlé d’un plateau télé au Maroc, j’ignorais pourquoi, mais j’ai dit oui parce que cela fait partie de mon travail. Mais quand j’ai compris qu’il s’agissait du Concert pour la Tolérance, c’est là que ça a pris une ampleur particulière. Je suis donc venu beaucoup plus motivé, parce que c’est une valeur qui m’est très chère. Je suis ravi de faire partie de ces artistes privilégiés qui, en plus de pouvoir voyager et chanter face au public marocain, ont cette chance de partager ce qu’ils aiment le plus pour une bonne cause. Et ça c’est merveilleux et gratifiant.

Quel est votre point de vue d’artiste concernant la crise identitaire et l’intolérance que traverse le monde ?

Je pense que le monde ne va pas très bien. Mais qu’à notre échelle, il faut fournir les efforts nécessaires pour améliorer ce monde. Et ce, que ce soit via des concerts pour la tolérance ou des occasions de transmettre des messages, en tant que personnalités publiques qui ont la possibilité de s’adresser à un grand nombre de personnes. C’est un bel avantage. Mais en général, si chacun d’entre nous se dit qu’il a une pierre à apporter à cet édifice, pour que des gens ne meurent pas bêtement dans le monde dans lequel on vit, pour que les gens ne se détestent pas, nous pouvons faire réfléchir les gens. Nous pouvons changer le monde…