«Indigènes», la chair à  canon de l’armée française

«Indigènes», dimanche 26 septembre à  18h35 sur France 2.

Indigènes, ce n’est pas seulement un film sur la France. C’est surtout un hommage cinématographique rendu à ces Algériens, Marocains, Tunisiens et autres Subsahariens, enfants des colonies françaises, qui sont allés au front défendre leur colonisateur, la France. Tourné en partie à Ouarzazate, le film se situe précisément en 1943 dans une France qui lutte pour se libérer de la domination nazie. Quatre Nord-Africains (Algériens et Marocains), Saïd, Abdelkader, Messaoud et Yassir, interprétés brillamment par Jamel Debbouze, Sami Bouajila, Roschdy Zem et Samy Naceri, s’engagent en tant que volontaires pour libérer la France du joug nazi. Après une instruction militaire de base et de très courte durée, ils débarquent en France avec d’autres combattants d’Afrique. Première confrontation avec l’ennemi, première victoire. S’ensuit un bain de foule dans un village. Mémorable pour Messaoud qui s’éprend d’une jeune femme avec laquelle il passe la nuit. Les lendemains sont loin d’être aussi joyeux, avec d’autres combats et leurs lots de drames, de camarades tués. Indigènes, film réalisé par Rachid Bouchareb, est un hymne à tous ces soldats oubliés de la première armée française recrutée en Afrique. Des soldats qui étaient, ne l’oublions pas, envoyés en première ligne.
Autant dire qu’ils étaient de la chair à canon pour la France qui occupait à l’époque leurs terres. Bouchareb, qui réussit là un très bon film, parvient surtout à rendre la dignité à ces quelques 130 000 soldats de l’ombre et à exhumer ainsi une page de l’histoire, tue et occultée pendant très longtemps. A un moment de l’histoire de cette «douce France» où l’on s’acharne à définir ce qu’est d’être Français, Indigènes délivre un message poignant de justesse, avec ces hommes venus des colonies et qui se sont quand même battus pour la France. Un film sur la mémoire, émouvant et bien documenté. A voir impérativement…

«Indigènes», dimanche 26 septembre à 18h35 sur France 2