«Absolut Hob»… de l’ivresse de l’amour

«Absolut Hob» est le troisième roman que signe l’écrivain Rachid Khaless. Paru aux jeunes, mais prometteuses, éditions la Virgule, Absolut Hob est une ode à la passion et à la poésie.

Disons-le d’emblée, Absolut Hob est un beau roman. L’histoire étrange d’une quête absconse menée par amour, joliment écrite, sans glisser dans une mélasse romantique, pour l’autosatisfaction du poète. Car, rappelons-le, Rachid Khaless est un poète. Et pas des moindres. Agrégé de lettres françaises et enseignant à l’Université Mohammed V de Rabat, il s’est d’abord fait connaître comme poète, en signant deux recueils de poésie chez L’Harmattan : Cantiques du désert (2004) et Dissidences (2009). Son troisième recueil, Dans le désir de durer, a été publié en 2014 à la Maison de la poésie au Maroc. Son dernier, Guerre totale, vient de paraître en septembre 2016 à Virgule Editions.

Mais tenté depuis toujours par le roman, il plonge dans l’écriture romanesque, sans crier gare, pour faire montre d’une grande loquacité. Il publie, en 2015, Pour qu’Allah aime Lou Lou aux Editions Marsam, et Quand Adam a décidé de vivre à La Croisée des chemins (finaliste du Prix littéraire de La Mamounia). Absolut hob est, donc, son troisième roman. Rachid Khaless y a trouvé le juste équilibre entre la fiction et la poésie.

Une histoire de tatoo

Porté par la passion sans limite qui le lie à sa femme, un homme accepte de retarder l’inhumation du corps de sa défunte belle-mère. Emu par la tristesse de sa bien-aimée, il garde ce cadavre en décomposition le temps de déchiffrer les tatouages gravés dans la chair de la défunte et qui aurait sauvé sa fille d’une mort certaine. S’ensuit alors une poursuite du sens de ces dessins et de leur pouvoir sur la vie et une enquête sur un possible pacte avec des forces obscures…

Si le thème du tatouage a longtemps été fascinant aux yeux des cinéastes, peu d’écrivains s’y sont attardés. Placé dans ce cadre superstitieux des sciences occultes, le tatouage regagne l’attractivité longtemps exercée sur l’esprit des humains. Il retrouve dans Absolut Hob sa fonction protectrice, voire magique, symbole de la faiblesse des hommes, mais également de la force de leur croyance.

Mais ce qui harponne dans Absolut Hob, c’est le tourment. Au fur et à mesure de la lecture, l’on se sent menacé dans sa quiétude de simple lecteur à l’abri des affres de l’histoire, par la précarité inhérente au grand amour, cette passion si forte qu’elle fragilise les liens, les âmes et les corps  mêmes de ceux qui la vouent. Transmise avec finesse et fougue par l’écriture de Rachid Khaless, elle laisse à la fois songeur et inquiet  ce lecteur en paix sur son divan…