Une bombe nommée Karima

A l’âge où elle devait essuyer ses fonds de jeans affriolants sur les bancs d’un lycée, Karima El Mahroug, fille de migrants marocains échoués en Sicile, avait choisi d’arpenter le bitume à l’affût de michetons pleins aux as. Rétive au cadre scolaire, la croquante pouliche, 17 ans aux dernières cerises, éblouie par l’argent facile, élevée dans un milieu trop pauvre, est convaincue que la vraie vie prend la forme horizontale. Pourvue d’appas appâtants, celle qui adopta le surnom de Ruby, se fit rapidement une réputation de voleuse de cœurs, au point d’attirer sur elle l’attention rabatteuse de Nicole Minetti. Officiellement conseillère régionale de Lombardie, celle-ci serait en réalité, selon la presse italienne, la maquerelle en chef de Silvio Berlusconi. Voilà comment la fleur de bitume se retrouva dans le nid douillet du président du Conseil italien. On le savait boulimique du beau sexe et gourmand de chair fraîche, sauf que sa nouvelle conquête tarifée (5 000 euros la prestation) avait à peine 16 ans, lors de sa première «visite». La justice n’y aurait vu que du feu, si Karima n’était pas affligée d’un travers : le vol. Prise la main dans le sac, elle fait état de ses relations privilégiées avec son Silvio. Lequel s’empresse d’exhorter la police de la relâcher parce qu’elle est la nièce de Hosni Moubarak (sic). Mais la justice ne s’en laisse pas conter. Elle tient, cette fois-ci, le président du Conseil, et compte le condamner pour incitation de mineure à la prostitution. Dure, dure, la vie de président en Italie.