Tripoteur-taxi

Dans la note introductive au projet de loi complétant et modifiant la loi sur le code de la route, le ministère chargé du transport a annoncé plusieurs amendements, entre autres, une «réglementation relative au transport de marchandises ou de personnes par tricycles à moteur, en définissant leurs spécificités techniques et le type de permis y afférent, ainsi que les mesures transitoires pour l’entrée en vigueur de ces exigences». Nous sommes maintenant habitués à voir ces engins, lourdement chargés de marchandises, sillonner les principales voies des  grandes villes. Ce qui fait tiquer, c’est l’éventualité de leur permettre de transporter des personnes. On sait que cela se fait dans beaucoup de pays, notamment en Asie où le poids de la population laisse peu de choix aux autorités. Dans d’autres, les tricycles, sans moteur cette fois ci, sont utilisés pour promener les touristes. Mais quand on peine à lutter contre les accidents de la route, il n’est pas du tout indiqué d’ouvrir la brèche à des engins, dont la quasi-totalité des conducteurs semble peu soucieux de leur sécurité et sans doute moins encore de celle des autres. Les considérations sociales peuvent bien être avancées pour motiver cette idée, mais à long terme, et quels que puissent être les garde-fous à mettre en place, la facture risque d’être salée.