Pitié pour nos oreilles !

Notre football continue de perdre de son éclat, nos divers jeux volent en éclats, cependant qu’un sport, non catalogué comme tel, n’en finit pas de s’épanouir.

Notre football continue de perdre de son éclat, nos divers jeux volent en éclats, cependant qu’un sport, non catalogué comme tel, n’en finit pas de s’épanouir. Je l’appellerais «tonitrumanie». Il se pratique en solo, en duo ou à plusieurs. Il consiste à donner de la voix, sans mesure, sans raison apparente, ni respect du prochain. L’autre jour, devant prendre le train pour Tanger, je profite de l’heure de battement pour faire escale au café voisin de la gare. Sitôt attablé, je suis submergé par des flots impétueux de voix retentissantes. Deux fonctionnaires d’une fédération sportive échangent à tue-tête leurs sentiments sur celle-ci. On croirait qu’ils se querellaient. Trois commères rivalisent bruyamment de fiel à l’endroit de leurs proches et connaissances. Sur ce, entre en scène un exalté, visiblement imbibé. Il promet la juste revanche d’Allah aux mécréants que nous sommes tous en ce lieu. C’en est trop. A un tel régime, ma feuille en deviendrait dure. Par chance, mon compartiment se trouve désert. Je me fais une joie de pouvoir me décongeler l’esprit par une plongée dans «Les Déferlantes» de claudine Gallay. Après Salé, je me mets à perdre le fil de ma lecture. La faute en incombe à un fâcheux qui, dès monté, s’est pris à passer en revue, à travers son portable, ses amours légitimes et adultères. Indiscrètement, ostentatoirement. Agacé, j’ai choisi de poursuivre mon voyage sur le couloir. La paix a son prix.