Pas un échec, juste un flop

La sortie de route des Lions de l’Atlas, dès les premiers guets-apens de la CAN, est ressentie douloureusement comme une tragédie outrageant à  jamais l’orgueil national.

La sortie de route des Lions de l’Atlas, dès les premiers guets-apens de la CAN, est ressentie douloureusement comme une tragédie outrageant à jamais l’orgueil national. Il faut raison garder. D’une part, la fierté d’une nation ne tient pas exclusivement dans les pieds de ses footeux citoyens, ils peuvent éventuellement y contribuer, sans plus ; d’autre part, l’équipée de la sélection marocaine au Gabon n’est pas, tout bien examinée, un échec cuisant, elle s’avère seulement un flop. «Flop» est un petit bruit éphémère, qui évoque davantage la périphérie -si calamiteuse soit-elle- que le bouleversement majeur. Dans cinq mois, nos représentants saisiront, espérons-le, l’occasion de se racheter, d’étonner et de redorer leur blason terni. Du reste, rien ne justifie de traîner dans la boue les responsables de notre football pour enfumage systématique, ni d’exiger la tête du technicien Gerets au motif d’incompétence. On aurait mauvaise grâce à ne pas leur concéder le mérite d’avoir mis tout en œuvre de sorte que le Maroc ravisse à ses rivaux le sceptre africain. Leur unique tort est d’avoir escamoté quelques paramètres, particulièrement l’évidence que, dans semblables compétitions, il ne suffit pas d’aligner une pléiade de virtuoses du ballon rond pour prétendre au paradis. Qui ne risque rien n’a rien. De peur d’affronter les pluies de l’avenir incertain, Gribouille se noie dans les brumes du présent. A cause de leur revers, les Lions reculent. Pour mieux avancer ?