Les voilées des J.O

Le Comité international olympique a permis aux athlètes musulmanes de porter le voile.

Demain, les Jeux Olympiques s’élanceront, sous la purée de pois londonienne, et sur fond de polémique. Elle a trait à la permission accordée par le Comité international olympique aux athlètes musulmanes de porter le voile. Cris de victoire d’un côté, levée de boucliers de l’autre. Deux positions nettement tranchées ; deux camps en lice ; sévères empoignades. Mais si l’on ne peut que souscrire au blâme des indignés adressé aux hautes instances olympiques, «coupables» de cautionner l’aliénation féminine, l’on doit, en revanche, convenir de l’inanité de leur refus, car même s’il était pris en compte, il ne changerait pas un iota à la condition des femmes dans certains pays, tout juste frustrerait-il les voilées sportives de prendre part aux compétitions majeures. En vérité, c’est sportivement que le bât blesse, étant admis que la tenue «décente» imposée aux musulmanes se trouve incompatible avec la performance, finalité première de tout jeu. Nul n’ignore que le poids influe considérablement sur la qualité de la prestation sportive. A telle enseigne que les Grecs pratiquaient la lutte, le pentathlon, le pugilat, dans la tenue d’Adam. Mais si, gênées aux entournures par leur harnachement, les sportives musulmanes ne pourraient honorer la profession de foi olympique «plus loin, plus haut, plus fort», elles auront la consolation de «participer», conformément au credo attribué à Pierre de Coubertin. A vos marques !