L’école buissonnière

C’est une lapalissade que de dire que l’école publique est malade. De passage au Maroc, l’économiste en chef de la Banque Mondiale pour la région Mena revient pourtant sur la question (www.lavieeco.com) en soulignant, en guise de piqûre de rappel, que le Yémen est le seul pays de la région qui fait moins bien que le Royaume dans les concours internationaux d’évaluation de la qualité de l’éducation. L’absentéisme des enseignants est l’une des principales causes invoquées ; et ce n’est pas pour des raisons de santé. Nombreux sont ceux qui arrondissent leurs fins de mois grâce aux vacations dans le privé. Tout comme ceux qui l’ont précédé ou qui lui ont succédé à l’Education nationale, avant qu’il ne retrouve le portefeuille, Rachid Belmokhtar tente de mettre fin, tout au moins de circonscrire le phénomène, en menaçant de sanctions ceux qui dispensent des cours supplémentaires rémunérés, ou en interdisant professeurs et inspecteurs pédagogiques d’exercer dans le privé. Peine perdue, diront les plus sceptiques. Face aux puissants syndicats des enseignants et au lobby des écoles privées, il a peu de chance de prendre le dessus. A long terme, les milliards de dirhams engloutis dans l’enseignement sans résultats tangibles deviendront anecdotiques face à la cohorte de jeunes qui sortiront de l’école sans un minimum de bagage intellectuel. Certes, il y a des questions de fond à la base de cette sempiternelle crise. Mais à un moment donné, les différentes parties devront se résoudre à prendre le problème à bras-le-corps. Il y a urgence.