Le droit au silence

La société du bruit va à  contre-courant de cette société de la connaissance où se joue la prospérité du pays. On peut noter la forte entrave que constitue, pour les jeunes qui étudient, un environnement bruyant.

Vous l’avez sûrement observé aux dépens de vos tympans outrés : on ne s’entend plus dans les centres urbains, au point qu’il importe de ne plus laisser les nuisances sonores accroître leur emprise. Problème de santé publique, sans aucun doute. Mais pas seulement : une société assujettie au bruit entretient une relation étroite avec la violence. Elle favorise les incivilités tout en aiguisant la véritable souffrance, le plus souvent dédaignée, voir méprisée des personnes qui subissent ces nuisances. Elle nourrit les antagonismes de la vie courante. La crise financière, avec, à la clé, l’aggravation du chômage et des tensions sociales, ne peut qu’accentuer le phénomène.

En second lieu, la société du bruit va à contre-courant de cette société de la connaissance où se joue la prospérité du pays. On peut noter la forte entrave que constitue, pour les jeunes qui étudient, un environnement bruyant. La remarque vaut pour toutes les formes de travail intellectuel. Comment concilier l’étude et le raffut, le savoir et le vacarme ? Enfin, il serait temps qu’on reconnaisse effectivement à chaque citoyen le droit à la tranquillité sonore, de même que la Constitution lui reconnaît le droit à la sécurité. Aussi, est-il indispensable que la lutte contre le bruit soit inscrite à l’ordre du jour des séances parlementaires et figure parmi les enjeux du débat à l’occasion des consultations électorales.