La leçon d’Essaouira

Je ne crois pas faire preuve d’originalité en certifiant que tout au long du Festival Gnaoua et Musiques du monde, un vent impétueux de liberté souffle sur la cité bleue. C’est probablement la raison pour laquelle il n’est pas toujours vu d’un bon Å“il, singulièrement par les pères la morale qui, pieusement, le démonisent au motif fantasmatique qu’y fleuriraient stupre et luxure.

Je ne crois pas faire preuve d’originalité en certifiant que tout au long du Festival Gnaoua et Musiques du monde, un vent impétueux de liberté souffle sur la cité bleue. C’est probablement la raison pour laquelle il n’est pas toujours vu d’un bon œil, singulièrement par les pères la morale qui, pieusement, le démonisent au motif fantasmatique qu’y fleuriraient stupre et luxure. Pour ma part, de cette bourrasque vivifiante, je m’en laisse copieusement griser, au point de m’affranchir des poncifs, des a priori et des préjugés. Je me sens, me découvre, me trouve en communion avec l’autre, qui ne m’est plus étranger, mais un autre moi-même. Je deviens profondément fraternel, comme le démontrent musicalement les gnaouas. Bien que sensiblement attachés à leur patrimoine, ils se font un plaisir de mêler leurs voix, leurs rythmes, leurs instruments à des musiques distantes, sans dissonance, en parfaite harmonie. Un édifiant exemple de fraternité musicale, qui montre à l’évidence que ce lien ne forme pas une chimère, plutôt, dans un monde aux idéologies vacillantes, une utopie qu’il serait impérieux de poursuivre, puisque toute grande avancée de l’humanité est due à de l’utopie réalisée. Un tel credo est partagé par les participants au séminaire «Sociétés en mouvement, cultures en liberté» (vendredi 22 et samedi 23 juin). Il n’y a qu’Essaouira pour inspirer de nobles idées.