Hontes en série

Cette frustration sexuelle arabe et maghrébine qui explose ainsi à la face du monde, c’est juste une honte. Une insupportable honte qui nous touche de plein fouet. Car ce sont les Maghrébins, avec les Marocains en tête, qui se sont le plus illustrés dans ces agressions : 40% des agresseurs, quand les réfugiés syriens, pourtant présents en masse, ne représentaient que 0,5% ! No comment !

La précédente semaine a été marquée par plusieurs actualités qui avaient toutes en commun de plomber le moral. Pour commencer, on retiendra la présence aux premières loges de Marocains dans les violences qui ont émaillé la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne, présence révélée par le rapport d’enquête de la police allemande dont les conclusions viennent d’être rendues publiques. Puis l’actu relative à Mustapha Khalfi, le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement Benkirane, qui s’est à nouveau illustré en censurant Sciences et avenir, une revue de vulgarisation scientifique, au motif d’«atteinte à la religion», d’où une avalanche de réactions indignées dans les médias et sur le net. Closant la semaine dans l’indécence, l’ignoble caricature par Charlie hebdo du petit Aylan, cet enfant de trois ans retrouvé échoué sur une plage turque et que le journal satirique a brocardé en «tripoteur de fesses» s’il avait survécu.

S’ils échouent à s’entendre autour des bonnes causes, Marocains et Algériens y réussissent quand il s’agit de mauvais coups. Ainsi, à Cologne, ont-ils tenu conjointement le haut du pavé, avec – rendons à César ce qui revient à César- une prime pour nos délinquants. En effet, sur les 19 premières personnes identifiées comme auteurs des agressions commises dans la ville allemande ce soir du Réveillon, quatorze étaient marocains. Pour rappel, le 31 décembre au soir, alors que les Colonais et Colonaises étaient de sortie pour fêter le Nouvel An, des hordes de jeunes gens d’origine maghrébine et arabe ont investi les rues et les places publiques. Fondant sur les passants comme des vautours, ils ont volé, agressé et terrorisé à qui mieux- mieux. Déposées par des femmes, quelque 560 plaintes ont été enregistrées par la police pour agressions sexuelles. Car, et c’est ce qui a le plus traumatisé la ville, 40% des agressions étaient de nature sexuelle. Outre les vols et les rixes, cette nuit de cauchemar a été marquée par l’importation sur le sol allemand du «taharroch jamaâi».

Le «taharroch jamaâi» est ce harcèlement de masse propre à l’Egypte et dont le monde a pris connaissance au moment de la révolution, à la lumière des violences sexuelles commises sur la place Tahrir pendant les grandes manifestations. Le mode opératoire consiste à encercler une femme, par une horde d’hommes, pour l’isoler du reste de la foule et l’agresser sexuellement. Deux journalistes étrangères avaient été ainsi violées à l’époque, scandalisant l’opinion publique occidentale et révélant le phénomène. Retrouver en Allemagne, rapportée d’Egypte, pareille pratique est un choc pour les Allemands, mais pas seulement. Pour nous aussi. Cette frustration sexuelle arabe et maghrébine qui explose ainsi à la face du monde, c’est juste une honte. Une insupportable honte qui nous touche de plein fouet. Car ce sont les Maghrébins, avec les Marocains en tête, qui se sont le plus illustrés dans ces agressions : 40% des agresseurs, quand les réfugiés syriens, pourtant présents en masse, ne représentaient que 0,5% ! No comment ! L’Allemagne n’a d’ailleurs pas tardé à prendre des mesures en conséquence. Elle a décidé d’activer le renvoi des sans-papiers marocains et algériens en même temps  qu’elle les cantonne dans des centres spécifiques de rapatriement. La «honte», quoi !

La honte, c’est aussi cette nouvelle censure décidée par Si Khalfi, pourtant homme des médias dans une première vie, et qui a frappé la revue Sciences et avenir pour deux miniatures, réalisées par le célèbre calligraphe Lutfi Abdallah, suite à une commande du Sultan ottoman Mourad III (1546-1575). Des miniatures qui relèvent du patrimoine artistique musulman mais dont notre ministre de la communication a décrété qu’elles tombaient sous le joug de l’article 29 parce qu’elles représentent le Prophète, et ce, alors même que le calligraphe avait pris soin de ne pas dessiner le visage, resté en blanc. Ainsi des œuvres musulmanes vieilles de cinq siècles, produites dans ce qui fut le plus grand empire musulman de l’histoire, sont aujourd’hui, au XXIe siècle, jugées sacrilèges par des responsables qui disent vouloir protéger notre foi. Mais de quelle foi parle-t-on ! De celles de ces esprits obtus qui ont oublié le sens même du mot spiritualité et qui n’ont de Dieu que l’image d’un père fouettard qui ne sait que sévir et punir. Et qui leur ressemble à s’y méprendre ! Que des œuvres artistiques produites par des musulmans il y a cinq siècles se voient aujourd’hui censurées au Maroc dit le degré de régression intellectuelle et idéologique dans lequel nous sommes tombés. Donc, là aussi, la honte.

Honte également, mais cette fois-ci, de l’autre côté de la Méditerranée, à Charlie Hebdo, pour sa caricature infâme du petit Aylan. Au motif que l’on peut rire de tout, le journal satirique français a tué une deuxième fois l’enfant syrien rejeté par les flots en le présentant sous les traits d’un «tripoteur de fesses», allusion aux évènements de Cologne. C’est cela la liberté d’expression ? Non, la haine de l’Autre, à l’état pur.