Cracher dans la soupe

Que se passe-t-il, à  Jérusalem, lorsqu’un intégriste juif croise sur son chemin un chrétien pacifiste ? Le premier crache au visage du second, lequel ne moufte mot de protestation ni n’esquisse geste vengeur.

Que se passe-t-il, à Jérusalem, lorsqu’un intégriste juif croise sur son chemin un chrétien pacifiste ? Le premier crache au visage du second, lequel ne moufte mot de protestation ni n’esquisse geste vengeur. Il paraît que les fous de Yahvé, reconnaissables à leur tête couverte d’un chapeau à larges bords flanqué de longues mèches de cheveux, s’exercent, entre deux lamentations, à devenir des Lucky Luke du crachat et les enfants de Jésus ne s’entraînent pas à esquiver les jets flétrissants. Sans doute parce qu’ils satisfont à leur quête de la sainteté, surtout en cette terre sacrée, où aucun messager de Dieu n’a été épargné par ce signe de mépris. Comme le Prophète Isaïe, ils pourraient dire : «Je n’ai pas dérobé mon visage aux outrages et aux crachats». On ne connaît pas la religion de Pim Verbeek, l’imbuvable entraîneur de notre équipe olympique, si tant est qu’il en a une. Est-il chrétien ? Ce n’est pas exclu, mais alors si peu. L’humilité, tant prônée par le Christ, n’est pas sa principale vertu. Se prenant pour le sel de terre, il ne peut souffrir la moindre contestation de son excellence. Péché d’orgueil qui l’a poussé à manifester son mépris envers le public, lors du match perdu par les Olympiques marocains contre leurs homologues sénégalais, par un bras d’honneur. Les musulmans marocains, peu portés sur la résignation chrétienne, veulent la peau de ce malappris qui, par son acte inconsidéré, a craché dans la soupe.