Com’ maladroite

Lundi 12 janvier, je regardais tranquillement le JT du soir de 2M.

Parmi les sujets traités ce jour-là, le dispositif de prévention contre Ebola mis en place à l’aéroport MohammedV de Casablanca. Un sujet presque banal en ces temps agités. Sauf que dans le reportage, on montre des passagers, tous des subsahariens, visiblement très surpris, auscultés par un personnel de santé tout de blanc vêtu. Un peu à l’écart, photographes et cameramen s’empressaient d’immortaliser l’événement. Rien de grave quand on regarde la scène. Enfin, pas pour tout le monde. Mon fils, 16 ans à peine, attire d’ailleurs mon attention par une petite question : A-t-on le droit de montrer leur visage ? Effectivement, ça peut être interprété comme une stigmatisation. D’ailleurs, des confrères présents sur les lieux ont tous fait état de vives protestations de certains voyageurs. Il est clair qu’une telle opération relève de la souveraineté nationale et montre que tout est fait pour protéger les populations. Reste que la méthode laisse à désirer. A-t-on pris le soin d’informer ces passagers du dispositif d’accueil ? Fallait-il donner quartier libre aux preneurs d’images ? Pour éviter les susceptibilités, n’était-il pas judicieux d’inviter un représentant du pays de provenance du vol ciblé ? Il ne suffit pas de rameuter des organes de presse pour étaler ses réalisations. Quel que soit le sujet, une communication doit être menée avec doigté. Sans quoi, l’effet boomerang risque d’être destructeur.