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Irritante – au-delà de toute expression – que cette croisade menée par une minorité agissante contre l’activité festivalière. Ainsi, les artistes invités à Mawazine ont été surpris de voir leur boîte de réception inondée de mises en garde, tantôt courtoises tantôt comminatoires, selon la tête du destinataire. La plupart n’ont en fait aucun cas ; certains ont été envahis par le doute, tel Yusuf Islam, à qui on répétait qu’il risquait sa vie tant le Maroc serait en ébullition. Tenté de décliner l’invitation de Mawazine, il finit par se raviser, estimant que cette bienveillante insistance ne pouvait que cacher anguille sous roche. Mawazine n’est pas un exemple isolé. Depuis son éclosion, le festival Gnaoua est constamment en butte à l’hostilité de quelques ayatollahs qui l’accusent de tous les pêchés mortels. Ces pères la morale, gavés de salafisme, bourrés de puritanisme, dégoulinants de vertueuses intentions le vouent aux gémonies au motif qu’il pervertirait les mœurs des croyants et les feraient dévier du droit chemin. Autant de billeversées auxquelles n’est accordé pas même un soupçon d’attention. Curieusement, ces ennemis de la vie, ces rabat-joie, ces moralisateurs ont reçu un renfort inespéré : les progressistes ou prétendus tels. Ce sont eux qui ont monté la cabale contre Mawazine l’incriminant de dilapidation des deniers publics. Au nom du peuple, qui ne leur a rien demandé, et même les a désavoués en se rendant en masse au dernier Mawazine. Jouissif pied de nez !