Stages en entreprise : Une reprise en vue ?

Le portail Stagiaires.ma a enregistré plus de 62 200 offres de stages contre 128 661 demandes. Les stages de longue durée (entre 3 et 6 mois) connaissent également une forte progression.

Après deux années d’accalmie, les stagiaires semblent retrouver le chemin des entreprises. Rajaa, étudiante en 4e année en contrôle de gestion, est ravie de l’opportunité. «J’ai déjà galéré l’année dernière à cause de la situation sanitaire. Le manque de visibilité a chamboulé le déroulement prévu des stages. Plus de 70% des offres de stages ont été annulées ou reportées dans notre école. Et pour les plus chanceux les conditions de télétravail n’étaient pas forcément réussies pour des raisons liées au manque d’ordinateurs portables, aux problèmes de connexion ou à des difficultés d’adaptation. Là, cette année, j’ai pu décrocher un stage de six mois dans un groupe pharmaceutique et je compte en profiter pleinement».

Pour sa part, Mohamed Bennouna, dirigeant d’un cabinet conseil en formation, le contexte sanitaire n’a pas chamboulé leur politique RH. «Malgré la crise, notre politique de stages a été maintenue et adaptée en fonction des restrictions sanitaires. Nous avons pu par la même occasion autoriser des stages à distance, ponctués par de la présence physique deux fois par semaine dans nos locaux. Nous avons mis en place un système de rotation qui permet de maintenir le lien social et le préserver avec les stagiaires et surtout répondre à leurs besoins d’apprentissage sur le terrain. Ceci est aussi pour eux d’être sentis pris en charge et accompagnés dans leur apprentissage. Le travail à distance a permis également un contact quotidien en ligne avec les stagiaires et suivre de très près leurs réalisations».

Une embellie que partage également Youssef El Hammal, DG de stagiaires.ma, filiale du groupe YM Africa. «Nous avons retrouvé les mêmes niveaux d’indicateurs pour les stages et l’emploi des jeunes que pour la période avant Covid-19. C’est un retour à la normale», précise-t-il.

Durant les mois de décembre, janvier et février, le portail Stagiaires.ma a enregistré plus de 62 200 opportunités de stages.

De leur côté, 128 661 candidats ont postulé pour des demandes de stages. Les stages de longue durée (entre 3 et 6 mois) ont connu pour leur part une forte progression de 48% par rapport à l’an passé, tandis que les opportunités d’emploi pour les jeunes lauréats s’établissent à 2 073 opportunités.

Informatique et SI en tête des métiers demandeurs de stagiaires

Parmi les métiers demandeurs de stagiaires, on notera notamment l’informatique et système d’information, le marketing et communication, le commerce & vente, les achats et approvisionnement ou encore les métiers de l’hôtellerie et tourisme qui connaissent un regain d’intérêt.

Ceci dit, certaines entreprises restent encore prudentes sur la question des stages. Pour Mohamed Taha Drhorhi, DRH du groupe EHC, «la reprise est loin d’être évidente pour la simple raison que les entreprises proposent encore des stages en distanciel. Ce qui ne rend pas la tâche facile pour les candidats qui ont besoin de vivre des expériences sur le terrain, de se rendre utiles et qui ont la soif d’apprendre. Ce genre de candidats ont besoin d’être challengés dans différents services de l’entreprise. Malheureusement, le télétravail n’arrange pas la chose. D’autant plus que les problèmes de contamination en entreprise peuvent entraver davantage le déroulement des stages en entreprise», précise t-il.

Pour Youssef El Hammal, la problématique des stages reste également d’ordre qualitative. «Les entreprises qui ont l’habitude de faire appel aux stagiaires ont encore du mal à trouver de bons candidats. Le niveau général des étudiants a baissé en termes de soft skills, de travail en groupe, en capacité communicative et relationnelle…, mais aussi en termes de motivation».

En plus de l’importance des stages au développement des compétences techniques et humaines et la valeur de l’expérience pratique fournie par les milieux professionnels, l’expérience professionnelle reste bien souvent obligatoire pour la validation du diplôme ou de l’année universitaire. Il s’agit donc d’une question qui doit faire l’objet d’une appréciation sérieuse.