Nouvelle prise de fonction : Apprenez à peaufiner votre talent de communicateur

La prise de parole en public fait toujours peur.

Si la parole des dirigeants est centrale pour l’image externe de l’entreprise, elle influence aussi le travail des salariés. C’est ainsi que le coaching et les formations en communication se multiplient, faisant croître un nouveau marché du conseil.

La communication est inhérente à la fonction de dirigeant. Que ce soit auprès d’une équipe de collaborateurs, dans une conférence presse, un conseil d’administration, une intervention télévisée, un communicant laisse toujours une trace dans la mémoire des auditeurs, en bien ou en mal.
Au Maroc, comme ailleurs, la prise de parole en public a toujours fait peur. Peur de s’exposer, peur de déplaire, peur de s’attirer les foudres des mécontents… Combien de fois entendons-nous cette réaction d’un orateur juste après son discours : Alors c’était comment mon intervention ? Ai-je été à la hauteur ?
Cela prouve que les difficultés à parler en public ne laissent pas indifférent. Selon les spécialistes des ressources humaines, c’est carrément une compétence très recherchée. C’est ainsi que le coaching et les formations en communication se multiplient, faisant croître, depuis quelques années, un nouveau marché du conseil. Dans un monde qui privilégie autant le savoir-faire que le faire savoir, le fait de ne pas pouvoir captiver l’attention d’un interlocuteur ou d’un auditoire peut, en effet, avoir des effets désastreux sur une carrière ou sur une organisation.
D’ailleurs, une enquête de 2021 réalisée en France par le cabinet Whistcom auprès de 1 000 salariés d’entreprises de 50 salariés et plus a révélé que si la parole des dirigeants est centrale pour l’image externe de l’entreprise, elle influence aussi le travail du salarié. Le dirigeant doit maîtriser sa prise de parole, car s’il ne maîtrise pas cet exercice, l’entreprise est exposée non seulement à des risques d’image mais également à des risques stratégiques. Il y va, par conséquent, de la fidélité, l’engagement, la motivation des salariés et donc la compétitivité de l’entreprise.
Plus amplement, l’enquête montre que trois quarts des répondants ont déclaré qu’un message oral de leur dirigeant a plus de poids qu’un message écrit et que les compétences orales de leurs dirigeants sont aussi importantes que leurs compétences techniques. Elles influencent leur implication, leur fidélité, leur fierté d’appartenir à l’entreprise, leur envie d’évoluer en interne ainsi que leur bien-être.

C’est toujours délicat la première fois

L’exercice peut être d’autant plus difficile lors d’une nouvelle prise de fonction. Jamal Kerroumi, dirigeant d’entreprise, se souvient encore de sa communication ratée lorsqu’il venait de prendre en charge la direction d’une filiale d’un groupe de textile en 2012. «Le péché de tout manager débutant est la précipitation, la course immédiate aux objectifs. Lors de mes premières réunions, j’ai beaucoup axé mes interventions sur la nouvelle stratégie d’entreprise. Or, j’avais omis de prendre le temps de m’approprier le terrain, d’échanger avec tous les niveaux de l’entreprise pour comprendre la dynamique de l’organisation et ses attentes. Il faut prendre conscience qu’il n’est pas possible de tout connaître tout de suite mais plutôt de comprendre ce qui fonctionne comme ce qui ne fonctionne pas».
Pour sa part, Charlie Clarck, fondateur du cabinet Whistcom, souligne qu’«un nouveau dirigeant doit avoir le souci de tourner sa communication vers ses équipes. Leur manifester qu’il les comprend et qu’il se soucie d’eux, pas de lui ! Être un bon communicant, ce n’est pas être un orateur hors pair, mais c’est être capable de toucher et inspirer ceux qui vous écoutent en leur manifestant de l’empathie».

Le coaching individuel nécessitera plus de temps

Toujours est-il qu’il est possible d’y remédier. Pour quelqu’un qui débute sa carrière d’orateur, il est intéressant de profiter de la dynamique du groupe et de suivre une formation traitant d’une manière large tous les aspects de la prise de parole. Par contre, pour les personnes ayant déjà un certain bagage et de l’expérience, il est question d’agir plus en profondeur sur les origines de leurs contre-performances, grâce notamment au coaching individuel. Dans les deux situations, le recours aux outils audiovisuels et les mises en situations pratiques sont indispensables.
Qu’en est-il du résultat ? Quel que soit le mode d’intervention choisi, la prise de conscience du bénéficiaire par rapport à ses atouts et ses zones d’amélioration est pratiquement immédiate. Le résultat global peut être évalué en fonction de l’objectif préalable : pour quelqu’un qui participe à une formation de deux journées en groupe, ce sera l’apprentissage des techniques et le progrès personnel selon les défaillances relevées le premier jour. Le bon ancrage de cet acquis demandera une pratique régulière et disciplinée, dans des situations réelles. Pour les personnes ayant opté en faveur du coaching individuel, les objectifs peuvent être plus ambitieux et nécessiter plus de temps et de travail sur soi : développer son charisme, dialoguer aisément avec le public, maîtriser son image publique, gérer la communication de crise. A la fin du processus de coaching bien exécuté qui dure en moyenne entre 5 et 7 mois (8 à 10 séances), les résultats sont toujours au rendez-vous.
Enfin, faire ces séances ne peuvent donner des résultats que sous deux conditions. La première est la volonté du participant de changer ; il doit ainsi saisir chaque occasion de prise de parole dès le lendemain de la formation, quitte à provoquer lui-même ces occasions. La seconde est une parfaite maîtrise du sujet par le formateur.