Les digital natives ne sont pas prêts à s’ennuyer à un poste pendant deux ans

Mohamed Benboubker Co-fondateur de Mobiblanc

Dynamisme, mobilité, bonne maîtrise des nouvelles technologies… Les jeunes générations abordent la vie professionnelle d’une toute autre manière que leurs aînés et bousculent les codes en entreprise. Chez nous par exemple, nous recrutons aussi bien des jeunes sortis des écoles que des candidats expérimentés. Nous faisons un mix entre les personnes ayant 30 ans et plus et les jeunes de 20 ans, et c’est une richesse pour nous. Une des caractéristiques principales des digital natives est d’abord la maîtrise des outils digitaux. Seul bémol, ils sont souvent en mode push, c’est-à-dire c’est l’information qui vient à eux sans qu’ils ne soient contraints d’aller la chercher. Instagram, Facebook…pour eux, l’information passe par ces réseaux et ils utilisent rarement le mailing. C’est quelque part le mindset qui a changé.
Autre caractéristique : l’impatience de progresser, d’apprendre de nouvelles choses. Les Y ne sont pas prêts à s’ennuyer dans un poste pendant deux ans sur la seule promesse que les choses vont s’améliorer trois ans plus tard. Ils veulent ressentir le challenge tout de suite. Le challenge pour nous est que la personne ne doit pas durer sur un projet plus de six mois. Le souci majeur d’un dirigeant actuellement se résume dans les questions suivantes: «Comment les manager, mais aussi comment les retenir ?» Les pratiques de fidélisation peuvent s’articuler autour de plusieurs leviers, mais en ce qui me concerne, le premier levier consiste à leur confier des projets novateurs leur permettant de se réaliser, ce qui va renforcer leur sentiment d’appartenance et de fidélité à l’entreprise. Deuxièmement, leur donner de la visibilité concernant leur carrière. Même s’il n’y pas de promesse concernant leur évolution au sein de la structure, il faut au moins les doter de nouvelles compétences qui leur permettront, pourquoi pas, de doubler leur valeur sur le marché de l’emploi. Enfin, les jeunes d’aujourd’hui sont sensibles sur les questions de soft skills. Ils acceptent assez facilement leurs défauts et peuvent se renforcer davantage tout en étant empathique avec eux.