Gestion des maladies graves, avis de médecin

Abdelnasser Harfaoui Chirurgien orthopédiste
«Certaines entreprises optent pour des postes allégés»
«Certaines entreprises optent pour des “postes allégés”, des déplacements du salarié. D’autres préfèrent se débarrasser de l’employé malade sans états d’âme. L’insuffisance rénale, par exemple, à moins d’une greffe, n’est pas curable. Quand un tel cas se présente, beaucoup d’entreprises se contenteront de payer la moitié du salaire le premier mois et licencieront le malade le mois suivant. Ce sont des situations que l’on rencontre fréquemment. On espère beaucoup de l’AMO (Assurance maladie obligatoire). Si nous pouvions passer d’une couverture sociale de 15 % à
40 %, ce serait déjà un grand pas !

Mohamed Noun Gynécologue
«Ces malades, qui se sentent déjà délaissés, ne se battront pas pour conserver leur emploi»
«Je suis en contact avec des femmes atteintes de cancer du sein ou de l’utérus. Le plus souvent, ces femmes cachent leur maladie, même à leurs proches. Elles la vivent comme une faiblesse, une honte et une atteinte à leur féminité, surtout, bien sûr, si elles doivent subir l’ablation d’un organe.
Lorsque la famille est avisée, c’est ensuite tout le quartier qui est mis au courant et, chaque fois que surgira un problème de santé, une bronchite ou autre, ou une difficulté financière… tout sera mis systématiquement sur le compte de la maladie.
Il est préférable, bien sûr, que les femmes soient bénéficiaires d’une couverture maladie. Lorsque la femme qui travaille n’en possède pas, elle est généralement rejetée par l’entreprise – qui trouvera toujours une excuse pour ce faire – parce que cette salariée lui coûterait trop cher !
Ces femmes, qui se sentent déjà délaissées (elles ne bénéficient même pas de consultation psychologique, obligatoire dans d’autres pays pour ce type de maladie), ne se battront pas pour conserver leur emploi par des recours juridiques. L’entreprise le sait et n’accepte que ce qui l’arrange. Elle pourra tolérer quelques arrêts médicaux, mais n’acceptera pas une absence prolongée, même en deçà des six mois réglementaires.
Mieux vaut s’entourer de toutes les précautions et avoir une couverture sociale. Employés et chefs d’entreprises devraient être, au même titre que toute la société, éduqués sur ce genre de maladies.»