Formateur interne/formateur externe, une synergie à  créer

Disposer d’un formateur interne présente un double avantage pour l’entreprise : la démarche est peu coûteuse et valorise le salarié.
Les formateurs internes ont l’avantage de bien connaître les besoins de l’entreprise.
Le formateur externe permet d’apporter un regard neuf et des «best practices».

Depuis que le marché de la formation a explosé, on assiste à une multiplication des cabinets spécialisés dans ce domaine. On en dénombre plus de 600, répertoriés par l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPTT), et entre 2 500 et 3 000 formateurs entre les indépendants et les consultants étrangers.

Cette effervescence touche aussi les entreprises, qui confient de plus en plus des actions de formation à des employés de l’entreprise, ou formateurs internes. Parce qu’ils maîtrisent parfaitement leur domaine, ces derniers se voient proposer d’assurer de manière occasionnelle ou régulière des formations pour leurs collègues, en plus de leur fonction habituelle.

C’est le cas de Francis Faure, formateur animateur chez Veolia Environnement Maroc, entreprise prestataire de services au public. Pendant longtemps, cet ex-retraité était cadre chez EDF France où il a passé plus de trente années dans le métier de l’électricité.

Une expérience que Veolia Environnement Maroc a voulu mettre à profit en lui proposant de venir au Maroc en vue de dispenser son expertise à d’autres agents du groupe. Depuis plus d’un an, M. Faure forme les agents du groupe aux différentes technicités de son métier au sein du campus de Veolia.

«En plus des aspects techniques, je leur enseigne des aspects pratiques tirés de mon expérience. On est plus dans le vécu», indique-t-il.

Car c’est là tout l’intérêt de la démarche. Contrairement aux cabinets spécialisés et autres prestataires externes, les formateurs internes bénéficient d’une connaissance concrète des besoins de l’entreprise.

600 cabinets s’occupent de formation et 3 000 formateurs (indépendants et consultants étrangers)
Pour Zakaria Benaboud, expert-comptable de profession et ex-formateur à Attijariwafa bank, «le formateur interne parle le même langage que ses collègues, il connaît les procédures internes et peut affiner le contenu de sa formation en fonction des attentes des participants».

Notons que chez Veolia Environnement Maroc, une dizaine de formateurs assurent des formations en interne ou en externe pour les filiales du groupe mais aussi pour d’autres organismes.

Outre les avantages précités, recourir à un formateur interne présente plus d’un intérêt, aussi bien pour l’intéressé que pour l’entreprise. Pour celle-ci, c’est d’abord une question de coût. Comparé aux honoraires des cabinets spécialisés, le recours à des formateurs internes présente un coût plutôt faible.

En outre, l’entreprise ne sélectionne que les collaborateurs qui disposent de plusieurs années d’expérience ou qui ont développé un savoir-faire précis. Autre avantage, le formateur développe de nouvelles compétences à l’occasion de son activité. «Généralement, les formateurs développent de nouvelles aptitudes, notamment en termes d’animation de groupe, de prise de parole et de conception pédagogique des programmes», fait remarquer Mohammed Benouarrek, DRH dans une multinationale.

D’ailleurs, dans certaines entreprises, l’expérience de formateur est prise en compte lors des entretiens d’évaluation, mais aussi dans une perspective d’évolution en interne.

De ce fait, la formation en interne est une bonne démarche pour renforcer la culture formation, capitaliser les savoirs, démultiplier les formations à moindre coût. Mais, attention aux compétences et à la crédibilité des formateurs internes, prévient M. Benouarrek.

Un prestataire externe permet d’effectuer des benchmarks
«Ceci dit, il faut savoir vendre cette fonction aux employés», préconise M. Benaboud. Car, sans motivation, l’employé ne peut assurer pleinement sa mission. Souvent, les volontaires ne sont pas rémunérés pour cette nouvelle mission. Pire, ils ne disposent pas d’assez de temps pour le faire.

De même, assurer cette fonction au sein de l’entreprise n’est pas de tout repos. «On peut assister à une certaine rivalité entre formateurs internes. Pourquoi tel formateur assure-t-il telle formation et pas une autre? La jalousie mais aussi des comportements de copinage peuvent empoisonner l’environnement interne. Pour assurer pleinement cette fonction, il faut que l’entreprise considère et traite cette politique de formation comme un outil de motivation et de gestion des carrières», poursuit M. Benaboud.

Cependant, les actions de formation interne sont limitées, puisque les formateurs internes n’interviennent que sur des contenus métiers… De plus, ils ne peuvent pas assurer toutes les formations. C’est pourquoi la formation externe reste indispensable.

Elle permet de bénéficier d’un regard neuf, plus objectif et neutre par rapport aux enjeux internes. Il y a donc, bien sûr, un équilibre à respecter entre les deux types de formation. Les formations externes permettent une ouverture sur les «best practices» et des échanges toujours fructueux. Pour Mohammed Benouarrek, «le recours à des prestataires externes se fait essentiellement pour des formations de management et gestion».

Car, bien souvent, la notoriété d’un prestataire externe peut faire l’affaire. Ils ont l’avantage de bénéficier de vécu professionnel, d’une expertise dans des disciplines multiples mais aussi d’une plus grande facilité d’expression. Ils ont, surtout, des outils pédagogiques et andragogiques (art d’enseigner aux adultes).

Sur la place, il existe des cabinets, ou des formateurs, qui répondent à ces critères, même si l’image de la profession est brouillée par les charlatans ou les cabinets qui bénéficient de marchés de complaisance.

Les prestataires externes, surtout les plus importants, sont généralement associés à des cabinets étrangers et bénéficient d’une bonne expertise en la matière. Certains se sont même spécialisés dans des domaines particuliers et ne font pas dans la formation «passe-partout»