Dix recettes pour doper sa carrière

Horizontale, verticale ou transversale,
la mobilité reste
la meilleure voie de progression.
Les bons «grimpeurs» ont pour principales qualités de savoir
rester «visibles» et saisir les
opportunités.
D’autres leviers, inhabituels, sont parfois plus profitables. C’est
le cas de l’expatriation.

«Une carrière, c’est comme un produit. Il faut lui insuffler régulièrement du neuf pour l’entretenir», aiment souvent répéter les spécialistes des ressources humaines. Largement partagée dans le monde professionnel, l’idée d’accélérer sa carrière constitue pour bon nombre de cadres une priorité, une nouvelle dynamique. En voiture, rien de tel que d’appuyer sur la pédale de l’accélérateur pour avancer. C’est pareil pour une carrière, sauf qu’il faut savoir actionner le bon levier car, sur le terrain, plusieurs méthodes sont possibles pour y parvenir et aucun n’est complètement sûr (voir tableau p. IV). A priori, la mobilité sous toutes ses formes reste la voie la plus classique pour se donner un nouvel élan. La mobilité externe, entendez par là un changement d’entreprise, constitue souvent la bonne parade pour rebondir, surtout lorsque les possibilités en interne restent limitées. Statistiquement, un cadre met en moyenne moins de cinq ans pour changer de structure, voire trois ans. Certains connaissent un changement de métier ou de secteur au cours de leur carrière.

Etre mobile sans «avoir la bougeotte»
«Interne ou externe, la mobilité est considérée comme un élément indispensable à toute évolution de carrière», note Essaid Bellal, DG du cabinet Diorh. Toutefois, la plupart des experts conseillent de rester un minimum de deux ans au même poste pour les juniors, plus longtemps pour les cadres séniors au vu du risque afférent au changement. «Mais les juniors ne doivent pas hésiter à changer jusqu’à ce qu’ils trouvent l’entreprise qui leur convient», poursuit M. Bellal.

Ce n’est que lorsqu’ils adhèrent à la culture de leur entreprise qu’ils peuvent effectuer de véritables bonds en interne. Bref, le cadre ne doit pas être trop mobile – des changements répétés d’entreprise pouvant être assimilés à une instabilité – mais il doit être capable d’aller voir ailleurs quand sa situation professionnelle semble bloquée.
Attention toutefois aux surprises. La mobilité, c’est un pari. Si on sait forcément ce que l’on perd, on ignore ce que l’on va trouver comme conditions de travail. Pour quelques-uns, cela n’a pas été une réussite parce qu’ils n’ont pas pu s’intégrer dans leur nouvel environnement. Enfin, la mobilité, c’est également important sur un CV. A condition de savoir justifier ses différents mouvements.

On recourt de plus en plus à la formation
Autre méthode plébiscitée : la formation. Aujourd’hui, elle est de mieux en mieux reçue par les bénéficiaires, comme une récompense, une opportunité offerte, un moyen d’améliorer sa situation professionnelle et personnelle. En outre, «la formation est le moyen de renforcer son employabilité dans l’entreprise, mais aussi sur le marché du travail», insiste-t-on au cabinet Diorh, soucieux de la flexibilité de l’entreprise. Elle serait donc un garde-fou de plus contre les risques toujours possibles du chômage. Reste aux cadres à juger de cette employabilité extérieure, en s’impliquant davantage dans des formations à valeur ajoutée professionnelle.

Par ailleurs, le réseautage reste aussi un moyen efficace pour grimper. Associations professionnelles, associations d’anciens étudiants, clubs sportifs ou privés, cercles d’amitié, associations communautaires,… tous les réseaux sont bons pour développer ses relations. Toujours est-il qu’il faut manier ce levier avec tact. «Il faut surtout éviter les affaires où on cherche le profit immédiat», souligne un expert qui excelle dans l’art du réseautage.
D’autres leviers, plus inhabituels, sont parfois plus profitables. C’est le cas de l’expatriation : un must pour les cadres de multinationales. «Ceux qui, aujourd’hui, partent travailler à l’étranger, analyse M. Bellal, comptent acquérir de nouvelles compétences pour les utiliser à leur retour et ainsi accélérer leur carrière». La méthode est reconnue, même si, parfois, elle ne porte ses fruits que sur le long terme. C’est le cas pour Ahmed Kacem, directeur des achats dans une multinationale. «En général, les expatriés possèdent l’avantage d’une double culture. Ma maîtrise de l’anglais et de l’espagnol, ma capacité d’adaptation à d’autres cultures, mon expérience en management constituent un atout indéniable. Cela ne fera qu’accroître mon employabilité», affirme-t-il.

Le mot d’ordre : rester attentif
Autre accélérateur de carrière : la création d’entreprise. Chaque année, plusieurs milliers d’entrepreneurs se lancent dans cette aventure. Une expérience riche, qui permet de développer son esprit d’initiative et de réelles compétences managériales.

D’ailleurs, des enquêtes l’affirment : on ne naît pas entrepreneur, on le devient. Avec de la ténacité, des bons partenaires, une bonne connaissance du marché et de la gestion, et un bon carnet d’adresses. Même en cas d’échec, une telle expérience peut bien se valoriser. A condition que le cadre sache en parler et expliquer les raisons de l’échec.
Au-delà de la méthode, les managers qui arrivent à doper leur carrière ont bien souvent des points communs quant à leur profil. «Ceux qui réussissent des sauts importants ont trois attitudes majeures. Ils sont visibles, ils restent attentifs aux opportunités, et ils osent», poursuit le DG du cabinet Diorh. En définitive, les changements sont valorisants à condition qu’ils correspondent à une croissance en compétence et à une satisfaction personnelle.