Des cadres racontent leur premier emploi

Ghita LahlouResponsable communication
«Savoir aller vers les autres et s’intéresseràce qu’ils font»
«Mi-figue, mi-raisin : c’est ainsi que je qualifierais mes premiers jours dans le monde de l’entreprise. Tout le monde était gentil, même mon supérieur. Au départ, je me limitais à la lecture des dossiers juridiques et financiers de l’entreprise et aux entretiens avec les différents directeurs des filiales du groupe. La charge de travail était parfois trop importante, mais j’avais toute l’assistance utile. Hélas, cela n’a duré qu’un petit mois. On a estimé que ma période d’intégration avait assez duré et que je devais rapidement être opérationnelle. Mon supérieur n’avait plus une minute à me consacrer alors que je manquais de certaines informations importantes. Heureusement, des collègues sont venus à la rescousse, n’hésitant pas à m’épauler. Dans un tel contexte, il est important de montrer des signes d’ouverture. Une entreprise, c’est d’abord un groupe. Il faut savoir aller vers les autres et s’intéresser à eux, à ce qu’ils font.»

Mohamed Chraïbi Contrôleur de gestion
«J’ai pris le temps de comprendre le fonctionnement de l’entreprise»
«J’ai eu la malchance de commencer ma vie active dans une entreprise en proie à de nombreux problèmes relationnels. Il n’y avait pas, ou très peu, de dialogue, notamment dans mon service et, visiblement, certaines personnes n’attendaient qu’un faux-pas pour me marcher dessus. Bien sûr, je ne soupçonnais pas ces problèmes, car je m’étais mal renseigné. La frustration était à la hauteur de mon enthousiasme. Pour autant, je ne me suis pas laissé abattre. Très observateur, j’ai pris le temps de bien comprendre le mode de fonctionnement de l’entreprise et d’étudier le caractère des uns et des autres. J’évitais autant que possible de me mêler aux conflits pour ne pas être considéré comme un agitateur. Mon problème, c’était de bien faire mon travail. Après cette phase d’adaptation, je n’ai plus hésité à clarifier certaines situations dès que l’occasion s’en présentait. J’ai fixé des limites de manière courtoise mais avec fermeté quand il le fallait. A la longue on a fini par respecter ma franchise.»

Ahmed Benjelloun Directeur commercial
«J’ai suivi les conseils des collègues et du patron, sans m’enfermer dans un modèle»
«J’ai débuté ma carrière professionnelle en tant que commercial dans une entreprise informatique. J’avais dès le départ l’ambition d’atteindre mes objectifs professionnels et personnels, de prendre de l’assurance et de me départir de la naïveté du jeune étudiant… En somme, j’avais en moi toute la fougue du jeune débutant. Bien sûr, j’ai été soutenu par mon entourage professionnel. Nous étions une petite équipe d’une dizaine de personnes. L’ambiance était parfaitement familiale. J’étais coaché directement par le DG. Il me faisait entièrement confiance en dépit de mon manque d’expérience. Même entre collègues, il règnait un bon état d’esprit malgré l’esprit de compétition.
J’ai suivi les conseils des collègues plus expérimentés et du patron, sans m’enfermer dans un modèle. D’ailleurs, je me rappelle parfaitement ma première vente. J’avais complètement bradé les prix, juste pour la réaliser. C’était important sur le plan psychologique. Cela m’a permis de prendre confiance.»

Samir Safri Consultant
«La curiosité m’a permis de prendre la mesure de mon premier poste»
«De formation économique et financière, j’ai commencé ma vie active au sein du département financier d’une grande entreprise. Je peux dire que le premier emploi, c’est comme les premiers jours à l’école. Il arrive que l’on s’interroge sur les motivations qui nous ont conduit dans cette galère. Comme moi, je pense que beaucoup ont vécu ces moments de doute, bien normaux. La peur d’échouer est en effet plus forte que la volonté de bien faire. Pour moi, cette période a été relativement brève. Je me suis tout simplement dit que l’on m’avait recruté pour ma valeur (j’avais répondu à une offre d’emploi sans connaître personne dans l’entreprise) et que j’avais donc ma place dans l’entreprise. Tout en respectant les consignes, j’essayais de pousser mes supérieurs en les questionnant sur des points précis. Cette curiosité m’a permis très vite de prendre la mesure de mon premier poste.»